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Pour un centime de plus, la grande distribution sacrifie les producteurs de pommes

15/12/2020

ARTICLE. Alors que le secteur de la pomme française vient de connaître une année de récolte bien en deçà des espérances, une nouvelle menace plane sur lui. Un conflit vient de naître entre les industriels de la compote de pomme et la grande distribution. Les producteurs pourraient bien en faire les frais.

Pour un centime de plus, la grande distribution sacrifie les producteurs de pommes

Les vergers français sont en souffrance. La douceur de l’hiver a rendu la lutte contre les parasites plus ardue, les pucerons n’ont pas souffert du froid et n’ont pas été chassés des vergers. A cela s'ajoutent deux épisodes de sécheresse et de canicule estivales. Les pommiers sont fatigués à force d’avoir été poussés à bout et la nature reprend ses droits : les arbres ont peu fleuri et moins fait de fruits.

Un retour à la nature qui, tout vertueux soit-il d’un point de vue écologique et rationnel, pénalise les producteurs. La récolte de 2020 est la plus faible depuis sept ans. Le Service statistique ministériel de l'agriculture (AGRESTE) chiffre la production française de pommes au 1er novembre 2020 à -13% de celle de la moyenne de la période 2015 - 2019. Les récoltes de Golden, pomme privilégiée pour les compotes, baisseraient drastiquement de 26% en un an. Certaines exploitations font état d’une diminution atteignant jusqu'à 50%. Un phénomène qui ne s’arrête pas aux frontières de l’hexagone : l’association mondiale des pommes et des poires (WAPA) prévoit une baisse européenne de 7% (9% pour la Pologne, 3eme producteur mondial de pommes) par rapport à la moyenne de la période 2015 - 2019. Conséquence immédiate, les prix s’envolent : la golden se vend jusqu’à 50% plus cher que l’année précédente.

Environ 20% des pommes sont transformées en compote. Ce sont des fruits “imparfaits” qui sont sélectionnés, soit trop petits, soit trop grands, soit à la forme irrégulière. Les industriels de la compote (Andros, Materne, Charles et Alice , Valade et St Mamet), pourtant déjà mis à mal par une amende de 58,3 millions d'euros fixée en 2009 par l'Autorité de la concurrence, pour “entente sur les prix” sont prêts à absorber cette hausse des tarifs exceptionnelle. Mais il faudrait, pour rentrer...

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