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Covid-19 : une course au vaccin risquée ?

Face à l'urgence mondiale, un vaccin Covid-19 pourrait être mis sur le marché début 2021, ce qui représenterait un délai de développement exceptionnellement réduit.  Une course au vaccin au détriment de la santé des peuples ?

Covid-19 : une course au vaccin risquée ?
Publié le 30 août 2020

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Avec des cas qui se multiplient dans de nombreux pays et sans traitement médical, l’attente d’un vaccin est particulièrement importante. Depuis plusieurs semaines, l'industrie pharmaceutique européenne est en pleines négociations avec l'UE afin de se voir attribuer une protection financière en cas d’effets secondaires avec les vaccins en cours d’élaboration une fois leur mise sur le marché acquise.  « Les laboratoires peuvent estimer que les risques de plaintes à leur encontre sont multipliés et tentent alors de se protéger», analyse pour le Figaro l’économiste spécialiste des questions de protection de santé Frédéric Bizard. «Afin de compenser les risques élevés pris par les fabricants de vaccins, les accords d'achat anticipé conclus avec certains laboratoires prévoient que les États membres indemnisent le fabricant pour certaines responsabilités encourues», a précisé la Commission européenne.

Un traitement pourrait être autorisé dès le premier trimestre 2021, après à peine douze à dix-huit mois d’essais. Bien loin des 12 ans – en moyenne- pour arriver à la commercialisation d’un vaccin « traditionnel », ce qui représente le temps moyen nécessaire pour analyser le ratio bénéfices/risques. Mais en raison de la situation inédite que vit le monde face à la pandémie, F. Bizard explique au Figaro que les tests ne seront pas aussi longs que préconisés, car « les autorités européennes mettent désormais l'accent sur le bénéfice sociétal d'une arrivée rapide d'un vaccin».

Vaccines Europe, qui fait partie de la Fédération européenne des associations et industries pharmaceutiques, affirme de son côté qu’il est «  impossible de générer la même quantité de preuves sous-jacentes qui seraient normalement disponibles grâce à des essais cliniques approfondis ». Ce qui signifie tout simplement que les laboratoires ne sauraient être tenus responsables devant la justice en cas de problèmes de santé relatifs au vaccin. Une requête qui interroge, alors que la Cour de Justice de l'Union européenne avait validé il y a trois ans des facilités procédurales pour engager la responsabilité des laboratoires en cas d’effets secondaires des vaccins : depuis juin 2017, il suffit aux patients s’estimant victimes d’un vaccin de prouver que la pathologie est apparue peu de temps après l’injection dudit vaccin et qu'il existe un nombre certain de cas similaires. Auparavant, la justice exigeait des plaignants une preuve scientifique, beaucoup plus difficile à obtenir…

Avec plus de 150 projets médicaux à travers la planète, les puissances mondiales rivalisent sur le terrain de la lutte contre le Covid-19. Mais si la pandémie de Covid-19 a pris une dimension géopolitique, l'Europe des Vingt-Sept doit se garder d’agir dans la précipitation, au risque de mettre en péril la santé de ses ressortissants.

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