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Le groupe Bridgestone a licencié 863 salariés... par vidéo

Le groupe japonais Bridgestone envisage “la cessation totale et définitive de l’activité de l’usine” de Béthune (Pas-de-Calais) à partir d’avril 2021. Une annonce qui a été faite aux 863 salariés… par vidéo.

Le groupe Bridgestone a licencié 863 salariés... par vidéo

Le Japonais Bridgestone a annoncé hier la fermeture en 2021 de son usine de fabrication de pneumatiques située à Béthune (Pas-de-Calais). « Des problèmes de marché structurels nous amènent à prendre des mesures structurelles pour préserver la viabilité des opérations de l’entreprise », a déclaré Laurent Dartoux, président et directeur général de Bridgestone Europe Afrique et Moyen-Orient. 863 ouvriers, qui fabriquaient des pneumatiques pour voitures ont reçu cette nouvelle comme un choc. Vexation supplémentaire, la méthode expéditive employée par Bridgestone : l’annonce a été faite par un simple message vidéo du directeur du site.

Face à cette méthode scandaleuse, le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari a prévenu sur RTL que les dirigeants de Bridgestone auront «à rendre des comptes». «C'est un acte qui manque de courage, sur la forme : quand vous prenez des mesures aussi radicales, pour plus de 800 salariés, vous allez a minima leur annoncer, le préparer et leur dire ce que vous avez prévu comme solution alternative et projet de reprise. Rien de ça n'a été fait», a regretté le ministre. Elisabeth Borne, ministre du Travail, Agnès Pannier-Runacher, sa collègue déléguée à l’Industrie contestent quant à elles la « pertinence » et les « fondements » de la décision.

Cette décision fait suite à une longue série de fermetures d’usines de pneus : son concurrent français Michelin a cessé l’activité de son site à La Roche-sur-Yon (Vendée) qui employait 619 salariés, tout comme les groupes Continental et Goodyear. La concurrence asiatique a une fois de plus vampirisé le marché : leur part est passée de 6 % à 25 % entre 2000 et 2018 et a entraîné une pression à la baisse sur les prix et des surcapacités de production.

Mais la partie n’est pas finie pour les salariés. Dans un communiqué, le syndicat Sud Chimie évoque un «coup de massue qui s'est abattu sauvagement sur les salariés du site Bridgestone» et appelle à une «mobilisation d'ampleur». «Le véritable bras de fer sera celui que les salariés et leurs soutiens entameront avec Bridgestone», indique le syndicat. Réponse dans les semaines à venir.

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