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Quand les banques refusent de financer l’industrie de défense  

ARTICLE. Alors que le gouvernement a engagé un large soutien aux industries de défense, les banques françaises sont de plus en plus frileuses à financer le secteur. Un problème qui concerne 4 000 PME et ETI.

Quand les banques refusent de financer l’industrie de défense  

C’est une note qui a eu l’effet d’une bombe. Celle envoyée par le GICAT (Groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres) aux ministères des Armées et de l’Économie, et qui révèle les refus des banques françaises de financer les entreprises de la BITD (base industrielle et technologique de défense) :  « Depuis maintenant deux ans, notre industrie de défense est confrontée à un problème croissant : le système bancaire et financier français est de plus en plus réticent à accompagner nos entreprises du secteur de la défense tant pour leur développement qu'en soutien à l’exportation », constate cette note du GICAT dont la Tribune s’est fait l’écho.

Des craintes confirmées par l’audition de Joël Barre, délégué général pour l’armement, lors d’une commission qui a confirmé que « les entreprises de l’armement se heurtent à une frilosité bancaire .Il convient de s'inquiéter du comportement des banques ».« Cette attitude des banques, nouvelle et inquiétante, au nom d’une conception toujours plus extensive de l’analyse des risques, est profondément choquante » a déclaré quant à lui Christian Cambon (LR - Val-de-Marne), président de la commission.

Pourquoi une telle réticence ? A cause de l'impact que leurs décisions pourraient avoir sur leur réputation : « Les normes internationales conduisent les banques et les fonds d'investissement à développer une politique de responsabilité sociale et environnementale (RSE) dont la conduite peut engendrer des exclusions de financement de certains secteurs, dont la défense », a expliqué le 12 novembre le ministère des Armées. Si cette frilosité impacte une grande partie de l’industrie de défense, les PME et les start-up de la filière défense sont aussi touchées. Les banques, dont BNP Paribas et la Société Générale, jouent de moins en moins le jeu pour accompagner cette industrie souveraine.

Une aide des banques capitales, car même si l' État dispose déjà de nombreux outils de soutien et d'accompagnement des PME, ETI et start-up de défense (fonds Definvest, Definnov…), certaines transactions aux montants astronomiques ne peuvent pas être financées par la puissance publique. D’ailleurs, un rapport sur la base industrielle et technologique de défense (BITD) préconise la mise en place d’ « un ou des fonds français de taille à financer ce type d'investissements, dès lors que l'entreprise en question aurait été jugée stratégique ». Et de citer en exemple Photonis, dont le ticket de rachat s’élève à plusieurs centaines de millions d’euros : «On voit bien qu'une telle opération se situe dans des ordres de grandeurs qui excèdent très largement ceux des dispositifs existants» explique le rapport.

Les banques ont fait appel à l’État et donc aux Français lorsqu’elles ont subi de plein fouet la crise financière. Comment ne pas exiger aujourd’hui qu’elles soutiennent un maillon central de notre industrie et de notre souveraineté ?

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