Menu
Analyses
2022
Front Populaire : un acteur et un programme politiques, avant 2022 ?... Abonnés

OPINION. En quoi pourrait consister la première initiative opérationnelle prise par FP ? Matérialiser l’incubateur politique qu’est censé être ce mouvement, et surtout établir sans délai un programme. Comme rarement dans notre histoire, le caractère de la prochaine élection présidentielle est bel et bien crucial.

Front Populaire : un acteur et un programme politiques, avant 2022 ?...

Tout nouvel influenceur d’opinion parmi ceux déjà présents sur la place médiatique, Front Populaire (FP) et sa revue se contentent pour l’instant de critiquer les errements sociaux, politiques, économiques et culturels de la société pas seulement française ; une attitude expectative m’incitant à haranguer mes amis et mes compatriotes, par le canal militant, à chaque publication d’un de mes articles, comme ci-après à la dernière :

Madame, monsieur, cher(e) ami(e),

Les jours sont comptés pour former tout réquisitoire susceptible de venir à bout des errements de ce gouvernement : ce sera en 2021 ou probablement jamais, tant l’avenir « post présidentielles » de la France semble contingent. Ce réquisitoire doit en outre avoir une forte tonalité judiciaire ou règlementaire, pour que les candidats à la magistrature suprême n’aient d’autre choix que l’intégrer à leurs programmes ou déclarer le combattre. Dans les deux cas, l’objectif de faire d’une revendication un thème de campagne possiblement exécutoire, après élection, sera atteint.

Le nôtre est de réhabiliter au plus tôt une industrie électronucléaire nationale dont l’avenir largement compromis par la loi
NOME et par le dispositif ARENH se confond avec celui d’EDF. L’article ci-dessous appelle donc tout ce que la communauté pro nucléaire compte de professionnels, de syndicats, d’associations et de sympathisants à se constituer d’urgence en collectif saisissant la cour de justice européenne d’une attaque du dispositif ARENH et du projet Hercule.

Sous l’égide de
Lionel Taccoen, je me suis appliqué à exposer les motifs les plus robustes de la démarche et à en formuler le libellé suggéré par le numéro de novembre 2020 de la Lettre Géopolitique de l’électricité, de sorte à en garantir la recevabilité juridique. Cette communauté n’a donc ni excuse à se dérober, ni le droit moral de gaspiller les chances de succès bien réelles d’une telle procédure, par indolence, par veulerie ou, pire, par esprit de chapelle.

D’autant que la possible victoire ne serait pas complète, voire partiellement inopérante, sans un prolongement de l’action visant à obtenir une réforme profonde du statut industriel et commercial de l’entreprise EDF. Il est en effet devenu intolérable que, en 2020, un pôle aussi capital de l’industrie nationale continue d’être administré de la pire façon soviétique qui soit, c’est-à-dire au prix d’un déclin parfaitement assumé de l’entreprise, par pur clientélisme électoral et payé en baisse du niveau de vie des Français.

Assujettie à une délégation de service public rigoureusement définie en missions et en objectifs, EDF doit devenir d’urgence une entreprise totalement autonome, délivrée de tout lien organique avec l’État et se revendiquant compétiteur marchand à part entière, au moins sur le continent. Conformément aux prescriptions de ladite délégation, cette EDF-là ne manquerait pas de tourner le dos à l’essentiel de la LTECV, dans l’intérêt bien compris de la Nation, des consommateurs et des contribuables français. Dites-vous bien, en tout cas, que cette EDF-là n’aurait qu’à claquer des doigts pour lever dans l’heure un gigantesque emprunt et en faire ce qu’elle en fit, de 1970 à 1990, pour le plus grand bonheur des bénéficiaires précités.

Je suppose que d’autres auteurs engagés s’efforcent de donner de la sorte plus de visibilité et plus de portée à leur cause. Comme moi, ils ont sans doute répondu à l’appel de Michel Onfray et de Stéphane Simon pour leur détermination affichée à peser directement sur l’orientation et sur le contenu des politiques nationales, répondant ainsi à une puissante aspiration patriotique transpartisane. Je suppose également qu’une majorité d’abonnés et de sympathisants FP attend de leur bouillonnement d’idées l’émergence de l’organe politique opérationnel dont le statut, l’intitulé ou le catalogage droite-gauche importent moins que la pertinence des analyses, des propositions et des revendications du think tank ; importent encore moins que la méthode démocratique à utiliser pour les faire triompher, en rupture avec le traditionnel clientélisme politicien.   

Toutefois, les FP doivent avoir conscience que, même chez eux, il sera (très) difficile, voire impossible de dégager un consensus sur le recensement des défis sociaux et économiques prioritaires, à relever par le pays, et sur la façon dont celui-ci doit s’y prendre pour les relever. Ainsi que je le souligne ci-dessus à mes amis, reste que le temps est désormais compté pour dégager ce consensus sur les revendications réputées constitutives et plus ou moins inamovibles du socle souverainiste, et sur certains de leurs corollaires.

Dans ce cadre, en quoi peut consister la première initiative opérationnelle prise par FP ? Tout bonnement à donner une matérialité quelle qu’elle soit - fût-elle embryonnaire - à l’incubateur politique qu’est censé être ce mouvement et implicitement évoqué par ses fondateurs. Elle doit surtout consister à établir précisément et sans délai le programme en devenir qu’aura à défendre un candidat estampillé FP, par l’incubateur, ou dont tous les programmes devront se voir peu ou prou imprégnés par la puissance sans précédent d’une mobilisation populaire protéiforme. Comme rarement dans notre histoire, le caractère crucial de la prochaine élection présidentielle justifie que, le cas échéant, l’incubateur fasse de cette mobilisation son objectif prioritaire.

Je me risque donc à suggérer ci-dessous ce que doit selon moi contenir la première ébauche d’un programme politique soutenu par FP.

La France vis-à-vis de l’UE

1/ Exiger la redéfinition du principe de subsidiarité et/ou une révision complète de son champ d’application, de sorte à ouvrir de légitimes espaces supplémentaires à la souveraineté des États, ne nuisant pas à la solidarité et à la solidité de l’ensemble.

2/ En liaison ou non avec la réforme précédente, concevoir d’urgence une réelle et consensuelle politique communautaire d’immigration, explicitement assortie des dispositions et des sanctions nécessaires à limiter les flux extracommunautaires et à refouler tout immigré illégal, mentionnant explicitement les montants et la nature des prestations destinées à aider provisoirement les légaux.
Revoir de fond en comble la réalité opérationnelle de la frontière Schengen : l’actuelle si le précédent consensus est obtenu ; à revoir État par État, dans le cas contraire.

3/ Engager une réflexion en profondeur sur la nécessaire harmonisation intra UE de la fiscalité, pas forcément qu’à la baisse, précédée par l’exigence de définir sans tarder un espace économique européen à protéger de la concurrence marchande du reste du monde, notamment par l’institution d’une préférence communautaire déclinée dans toutes les fiscalités et surtout dans toutes les politiques publiques.

4/ La France doit enfin exiger qu’une réflexion s’engage sur la possibilité de créer une authentique défense européenne, à défaut, elle doit pouvoir agiter la légitime menace de défalquer une part de son budget militaire de sa contribution au budget de l’UE.

La France chez elle

A/ Reconsidérer de fond en comble le champ des innombrables prestations sociales, afin d’en faire exhaustivement l’inventaire, par natures et par bénéficiaires dûment recensés, soit pour rationaliser le système tel qu’il est, en vue d’en améliorer le rendement et donc d’en diminuer le coût, soit pour le simplifier dans le même but, en tendant - pourquoi pas ? - vers l’allocation unique, partout où c’est possible.
La France n’ayant plus les moyens d’assister les déshérités du monde entier, revoir en conséquence les conditions d’attribution de plusieurs aides destinées aux étrangers, en prenant soin de faire le distinguo entre situations régulières et situations irrégulières.

B/ Engager une démarche de rationalisation de la Sécurité Sociale et des Mutuelles, dans le même esprit, pourquoi pas, en faisant jouer une certaine concurrence entre partenaires, tous placés au même niveau ?

C/ Remettre d’urgence sur le tapis la réflexion visant à non seulement sauver notre régime de retraites, mais à en adopter, une bonne fois pour toutes, la version en garantissant la pérennité. Pour être à la fois consensuelle et rationnelle, la formule définitive ne doit pas sortir toute faite du chapeau de quelque parti politique ou de celui de tel impétrant Président, mais résulter d’une âpre et sincère réflexion-négociation entre partenaires sociaux et authentiques experts du sujet, de l’économie et de la prospective.

D/ La mère de toute les réformes consiste à réindustrialiser massivement le pays ; pour commencer, en réhabilitant son industrie nucléaire et lui ré imprimant une authentique dynamique de développement, réhabilitation dont le corollaire immédiat est le rachat sans délai de la division turbines-alternateurs de feu Alsthom Belfort à General Electric.

E/ En l’état actuel des choses, conserver sine die notre système de chômage tel qu’il est, car s’aviser de le réformer maintenant, en vue de le rendre moins généreux, produirait une catastrophe sociale et, par conséquent, économique dont un pays déjà très atteint ne se relèverait pas.

Messieurs Onfray et Simon c’est à vous !

commentaireCommenter