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La liberté ne va pas d’elle-même Abonnés

OPINION. On parle presque toujours du soft power américain, mais à bien y regarder, nous sommes bien davantage en train d’adopter les méthodes de contrôle et de surveillance chinoises. Nos Lumières paraissent loin.

La liberté ne va pas d’elle-même
Publié le 20 février 2021

Le cri de guerre des révolutionnaires français était : « la liberté ou la mort ! ». La conscience d’une liberté individuelle, les droits de l’homme et la démocratie, sont nés en Angleterre, aux USA et en France. L’habeas corpus, la déclaration d’indépendance et la déclaration universelle des droits de l’homme forment le canevas des démocraties occidentales. Comme nous baignons dedans, nous croyons que c’est naturel. Or, ça ne l’est pas, la notion même d’un individu, sujet autonome, libre, égal en droits de son prochain et pouvant décider seul de son destin, n’est pas évidente.

Je vous invite à revoir le film « Tanguy ». Le héros fait une thèse à propos de l’émergence du concept de subjectivité en Chine ancienne. Son directeur de thèse lui fait (vers la 15ème minute) le reproche suivant : quand vous parlez du concept de subjectivité, on pourrait penser que vous occidentalisez la pensée chinoise. La notion de sujet pouvant s’auto déterminer est culturelle. Dans les sociétés claniques africaines, dans l’Inde des castes, dans la Chine ancienne, l’individu n’existe pas en soi mais uniquement en tant que partie d’un clan, d’une caste ou d’une famille. Attention, je ne dis pas que notre système est meilleur, après tout, se fondre dans un ensemble dont il faut respecter l’harmonie est peut-être plus écologique que de rechercher son petit bonheur égocentrique. Je dis juste que ce n’est pas notre vision de l’homme et de la liberté telle qu’elle s’est développée en Europe et aux USA.

Certains pensent que la crise actuelle a été causée par le capitalisme, ce qui est paradoxal pour un virus venant de Chine. Ce pays porte le masque du libéralisme pour mieux exporter, mais en interne, toutes ses usines, ses banques, ses bourses (ses laboratoires), sont étroitement contrôlées par le parti communiste chinois. La Chine est peut-être un modèle d’efficacité, mais clairement pas de liberté individuelle, de transparence et d’initiative privée.

Certains qui à l’instar de l’astrophysicien Aurélien Barrau en septembre 2018 plaidaient pour qu’on ose prendre des « mesures politiques concrètes coercitives impopulaires, s’opposant à nos libertés individuelles(1) » sont heureux aujourd’hui. Ils partagent d’ailleurs massivement des informations sur les réseaux sociaux à propos du retour des dauphins à Venise et autres bonnes nouvelles pour l’environnement.

Ils ont peut-être raison, l’avenir nous le dira. Ce qui est déjà certain, c’est qu’en se réjouissant du confinement et autres mesures coercitives, ils développent une pensée aux antipodes de la philosophie des Lumières. Qu’on le veuille ou non, Confucius n’est pas Montesquieu.

La Chine a exporté ses marchandises hier, son virus aujourd’hui...demain sa vision de l’homme ?

1 - https://www.youtube.com/watch?v=R7sMZiSKmqg

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