Menu
Région
Agriculteurs
Gel : et si on écoutait les vignerons ? Abonnés

REPORTAGE VIDÉO. Début avril, les vignerons des quatre coins de la France ont dû faire face à des épisodes de gel qui ont dévasté leurs cultures... avant de devoir affronter les leçons de morale "écologique" des réseaux sociaux. En Anjou, Simon Batardière et Stéphane Rocher, vignerons, nous ont fait part de ce qu'ils ont eu à traverser.

C’est une catastrophe économique qui s’est doublée d’un bashing sur les réseaux sociaux. Cette année, la viticulture a été frappée de plein fouet par des séquences de brumes nocturnes et de températures en dessous de zéro que les médias ont résumé par « épisode de gels ». Plusieurs nuits consécutives, des températures négatives ont brûlé bourgeons et premières feuilles, ruinant une bonne partie de la future récolte 2021.

Toutes les régions, toutes les appellations ont été touchées : Bourgogne, Bordeaux, Champagne, mais aussi Loire, Rhône ou Languedoc-Roussillon… Près de la moitié de la production viticole française « sera perdue » à cause de cet accident climatique. La FNSEA a estimé que cette surface représente « à peu près deux milliards d’euros de chiffre d’affaires en moins » pour la filière, ce qui fait de cet épisode de gel la plus grande catastrophe agronomique du XXIe siècle. Un plan d’aide d’un milliard et demi d’euros a été décidé par le gouvernement pour sauver la filière.

Pour tenter de sauver ce qui pouvait encore l’être, les vignerons ont tenté d’échauffer leur culture en brûlant des ballots de paille et des braséros. L’énergie du désespoir que les médias ont relayé à coups d’images spectaculaires de nuits constellées par des feux… Il n’en fallait pas plus pour que des bobos écolos qui connaissent mal le travail de la terre s’indignent de ces pratiques jugées (par eux-mêmes) « antiécologiques ».

Simon Bartardière, vigneron en Anjou et porte-parole de la région Pays-de-la-Loire de Front Populaire et compagnie, nous a alertés sur cette « double peine » pour le monde vinicole : la catastrophe économique et le poids de la honte médiatique. Un monde vinicole dont on ne dira jamais assez qu’il est le premier à prendre soin de notre milieu naturel et à connaitre ce que « climat » et « météo » veulent dire.

Pour remettre les pendules à l’heure, nous nous sommes rendus à l’invitation de Simon Batardière et de son collègue – et ami – vigneron Stéphane Rocher (domaine ferme du Montbenault). Tous deux pratiquent une viticulture « bio » respectueuse du consommateur et de l’environnement. Aussi, quand certains « écolos bobos » les pointent du doigt, la critique a d’autant plus de mal à passer.

Écoutons leurs paroles afin de respecter leur travail des vignes de chenin et de cabernet. Dans un esprit girondin et de politiques concrètes qui caractérise la façon de penser de Front Populaire et compagnie, ils proposent aussi de faire évoluer la fiscalité plutôt que de simplement recourir une fois encore à des indemnisations massives.

Stéphane Simon, co-fondateur de Front Populaire

commentaireCommenter