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14,2 milliards de l’UE pour les pays candidats à l’adhésion… y compris la Turquie Abonnés

ARTICLE. Ce mercredi 2 juin, la Commission européenne s’est félicitée de l’accord trouvé entre le Parlement européen et le Conseil concernant l’enveloppe budgétaire de plus de 14,2 milliards d’euros attribuée aux pays candidats à l’adhésion à l’UE. Un pas de plus vers l’élargissement de l’Europe, aux dépens des Européens eux-mêmes.

14,2 milliards de l’UE pour les pays candidats à l’adhésion… y compris la Turquie

« Cet accord tant attendu sur notre ambitieuse aide financière est un signal positif, bienvenu et fort pour les Balkans occidentaux et la Turquie », s’est félicité le commissaire en charge de la politique de voisinage et de l’élargissement, le hongrois Olivér Várhelyi, ce mercredi 2 juin en fin d’après-midi.

Une aide financière gracieuse pour l’élargissement

Ce dont le commissaire parle, c’est l’Instrument d'aide de préadhésion (IAP ou IPA en anglais), qui consiste depuis 2007 à aider financièrement les pays candidats ou potentiellement candidats à l’adhésion à l’Union européenne. Les pays concernés ? Ils sont au nombre de sept : l’Albanie, la Macédoine du Nord, le Monténégro, le Kosovo, la Serbie, la Bosnie-Herzégovine et la Turquie.

Selon Olivér Várhelyi, il s’agit de « financer le plan économique et d’investissement pour les Balkans occidentaux, un outil essentiel pour soutenir la reprise économique de cette région prioritaire. Grâce à des investissements dans des secteurs clés, notamment la connectivité, les infrastructures, l’environnement et le climat, ainsi que l’énergie et le numérique, il stimulera la convergence avec l’UE et apportera des avantages tangibles aux citoyens ».

En effet, ces investissements sont censés moderniser les pays en question afin de les aider à atteindre les critères d’adhésion ou « critères de Copenhague ». Ces critères obligent les pays candidats à adopter une économie de marché, un état de droit avec des institutions stables et respectueuses des droits de l’homme, et une capacité à souscrire aux objectifs économiques et politiques de l’UE.

Or, force est de constater que certains de ces pays sont très loin du compte, et que, puisque cela ferait mauvais genre d’intégrer directement des pays trop éloignés des standards européens, l’UE estime qu’il faut les aider.

Ce qu’il y a dans cette enveloppe

Concrètement, l’enveloppe de « l’IAP III » s’élève à 14,162 milliards d’euros pour la période 2021-2027. Difficile pour l’heure de savoir comment sera répartie cette somme précisément, d’autant que la programmation est basée « sur des priorités thématiques plutôt que sur des enveloppes-pays ». Ce que l’on sait, c’est que ce nouvel IAP est plus coûteux que les deux précédents (11,5 milliards pour la période 2007-2013 et 11,7 pour la période 2014-2020).

En ramenant ce chiffre à son budget annuel, l’UE dépensera 2 milliards d’euros chaque année pour ces pays, soit l’équivalent du budget d’Erasmus (2 milliards) et un peu moins que le budget « Sécurité et citoyenneté (dont migrations) » (3 milliards).

Pourquoi une telle somme ? Pour élargir l’Union européenne au plus vite aux Balkans occidentaux. Comme le mentionne clairement le document officiel de la Commission, « La stratégie pour les Balkans occidentaux indique une date d’adhésion potentielle (2025) pour au moins une partie des candidats pour autant que toutes les conditions soient réunies. »

Pourtant, selon un rapport de l’Open Society du milliardaire George Soros, la population française se dit majoritairement (59%) opposée à la l’intégration des Balkans dans l’UE. Mais l’Union veut faire vite, car comme nous l’évoquions le 16 mars dernier, elle craint que les pays des Balkans ne tombent dans le giron de puissances étrangères (Chine, Arabie Saoudite ou bien encore Turquie).

Or, la Turquie est elle aussi aidée financièrement par Bruxelles. En fait, elle était le premier bénéficiaire de ces aides financières européennes à la préadhésion lors de l’IAP II (2014-2020), avec 3,5 milliards d’euros répartis sur des thématiques diverses : action climatique, transport, compétition et innovation, éducation et formation. Il y a donc fort à parier que le nouvel instrument poursuive cette dynamique avec une intensité redoublée.

De l’argent jeté par les fenêtres ?

Difficile, pourtant, de comprendre l’intérêt de telles dépenses à destination de la Turquie, pays qui continue de s’éloigner de l’Europe par son opposition frontale aux valeurs qu’affiche l’UE et à plusieurs membres de l’UE (notamment la Grèce et Chypre). Le 1er octobre 2020, le secrétaire d’État français aux Affaires européennes, Clément Beaune déclarait même que « la Turquie n’a pas vocation à rentrer dans l’UE » et qualifiait la perspective d’adhésion à l’UE de « fictive ». En 2014, un sondage de l’Ifop révélait que 83% des Français étaient d’ailleurs opposés à l’entrée de la Turquie dans l’UE.

En vérité, les négociations sont au point mort. Il est donc incompréhensible que le contribuable européen continue de transférer de l’argent à Ankara.

Les peuples d’Europe contre la politique bruxelloise de l’élargissement à tout prix

Dans son débat avec Michel Onfray – publié aujourd’hui sur Front Populaire –, l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine explique : « Il faut changer complètement de discours. Même le discours sur la construction [européenne]. Les gens en ont marre au bout d’un moment, on ne va pas construire un truc jusqu’à la fin des temps. Il faut se calmer à un moment donné. Il faut arrêter. Il faut faire une pause. »

Alors que la grogne des peuples européens en mal de représentation politique et en demande de « démondialisation » – dont l’exemple le plus frappant est sans conteste le Brexit –, se fait de plus en plus pressante, l’Union européenne semble vouloir continuer à aller à l’encontre de la volonté populaire. Et à faire la « construction » de ses rêves globalistes en s’élargissant toujours plus. Jusqu’à la rupture ?

Source photo : commissaire au voisinage et à l’élargissement Oliver Varhelyi sur Twitter ©

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