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Carnets de campagne
Séraphin « Bertrand » Lampion et les silences suspendus Abonnés

CARNET DE CAMPAGNE. Alors qu’Eric Zemmour vampirise le débat médiatique et met la droite française – où ce qu’il en reste – dans l’inconfort, Xavier Bertrand quant à lui, fort de l’ancrage politique qu’il se prête à lui-même, est droit dans ses bottes. Du moins était-il droit dans ses bottes, jusqu’à ce qu’Anne-Sophie Lapix, bien aidée par son sourire radieux, le fasse entrer dans une dimension parallèle. Une séquence hilarante que nous fait partager Anne-Sophie Chazaud.

Séraphin « Bertrand » Lampion et les silences suspendus


Dans l’entrelacs foisonnant des faits et récits constituant une campagne – laquelle délimite déjà, par sa désignation même, un espace théâtralisé et circonscrit dans le temps comme dans l’espace - , il y a naturellement les affrontements de fond, les grands débats, les lignes de faille, les tectoniques de plaques idéologiques, sociales, économiques, les batailles rutilantes (ou tragi-comiques) avec tambours, trompettes et grands chevaux, les récits épiques que chaque candidat se fait à lui-même et aux autres afin de justifier son engagement, et le distinguer ainsi, en forçant le trait, de celui de ses adversaires, avec une bonne foi plus ou moins relative. Ceci constitue en quelque sorte la grande Histoire logomachique de ce moment particulier de la vie politique dont les Français sont si friands, son épopée. Mais, au milieu de ces symphonies plus ou moins harmonieuses, voire franchement cacophoniques, surgissent par surprise de petites saynètes, de microscopiques événements à peine perceptibles, difficiles à caractériser, presqu’insaisissables, mais qui, en quelques secondes, en un clin d’œil, en une expression, en un mot heureux ou malheureux, en un silence, en un jaillissement inattendu de l’humain comme mis à nu par le réel (grâce au rire, le plus souvent, ou la surprise, ou l’émotion, une larme, une lueur, une chute…), une faille, un grain de sable dans la mécanique, apporte plus de lumière et de vérité sur la situation, alors révélée à elle-même de manière quasi épiphanique, qu’en de très longues joutes oratoires et conjectures politologiques.

La plus grande confusion régnait en l’occurrence chez Les Républicains, cette droite dite « classique », autrefois présidentielle, à très fort ancrage territorial, possédant un nombre notoire de grandes régions et de très nombreux élus locaux ainsi qu’une importante présence à l’Assemblée sans compter la majorité sénatoriale (et sa présidence en forme rare de fascinante créature...

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