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Société
La peur de l’autre et le vivre ensemble Abonnés

OPINION. En culpabilisant tout sentiment naturel de peur, l’idéologie du vivre ensemble a contraint tous ceux qui sentent leur identité ou leur intégrité physique menacées à accepter leur sort pour ne pas risquer la désapprobation sociale.

La peur de l’autre et le vivre ensemble

Deux expressions sont devenues banales aujourd’hui et sont l’expression d’une mythologie de l’époque : le vivre-ensemble et la peur de l’autre. On ne doit pas discuter de la nécessité de vivre ensemble — avec nos différences, ajoute-t-on volontiers — et on doit combattre les démagogues d’extrême droite qui, selon une autre expression consacrée, « surfent sur les peurs », sur la « peur de l’Autre ». Haro donc sur ces mauvais et méchants esprits qui répandent la peur du différent, de l’étranger, du Rom, du musulman, du jeune de banlieue ! C’est tout juste si ces « apeurés », bardés de leurs préjugés, ces racistes, ces homophobes ne sont pas considérés comme les héritiers de la barbarie nazie.

En effet, une des conséquences des horreurs commises en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale fut la création d’une idéologie pacifiste qui déclara : « Plus jamais ça » et plus tard d’un antiracisme qui affirma dogmatiquement qu’il ne fallait pas avoir peur de l’Autre, en réaction aux affirmations monstrueuses des nazis qui signifiaient par leurs paroles et leurs actes l’altérité irréductiblement mauvaise des juifs, des Slaves, des homosexuels, des handicapés. Ainsi on déclara que les « autres », ex-colonisés, habitants des pays du tiers-monde, immigrés, clandestins ou non, ne devaient en aucun cas faire peur, car ils étaient, tout comme les victimes de la barbarie nazie, innocents par essence.

On culpabilisa la peur comme expression de sentiments méprisables et dangereux, pouvant même conduire au crime raciste, tel celui commis par le fameux Dupont-Lajoie des années 80. On adora les héros de l’antiracisme, Che Guevara, Malcom X, Martin Luther King, Mandela, Gandhi et on applaudit à la naissance de l’utopie multiculturaliste qui prônait la diversité, comme source de richesse et de progrès humain et qui annonçait un monde plus libre et plus...

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