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Fracture numérique : la « France périphérique » en première ligne

22/06/2020

La dématérialisation croissante des services nuit en premier lieu aux 13 millions de Français « mal à l’aise » avec le numérique, principalement localisés dans les zones où l’accès à Internet est faible, voire inexistant.

Fracture numérique : la « France périphérique » en première ligne

Comme le souligne Le Figaro ce lundi 22 juin, la période de confinement a mis en lumière les conséquences parfois dramatiques de la « fracture numérique ». Les citoyens ayant des difficultés à l’usage du numérique se sont vus privés de nombreux services mis en oeuvre à distance: « télétravail », cours à distance pour les jeunes, « téléconsultations » médicales… 

Pour autant, les inégalités devant l’accès à Internet ne sont pas nouvelles : depuis des années, la « dématérialisation » engagée dans les services publics rend difficiles les démarches  des moins connectés : inscriptions à Pôle emploi, à la Caisse d’allocations familiales ou au permis de conduire sont déjà intégralement « numérisées ». 

Si l’Etat a réagi en créant des formations au numérique, la distribution d’Internet sur le territoire demeure problématique. Selon une étude publiée en 2019 par UFC Que Choisir, 31 % des consommateurs n’y avaient pas accès dans les communes de moins de 10 000 habitants, contre moins de 5% pour les villes de plus de 10 000 habitants.

Là où l’utilisation d’Internet était vantée pour remédier à la fracture territoriale, elle contribue à l’accentuer. Les services publics, qu’ils soient déplacés ou numérisés, continuent de s’éloigner des zones périphériques, dont les habitants seront accusés « d’illelectronisme » — entendez d’être des « illettrés électroniques ». Ce ne sera pas la première fois qu’on fera des délaissés les coupables de leur abandon.  

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