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La médaille et son revers

OPINION. Dans une démocratie ayant aboli les privilèges, le respect est à double sens. Pour être respecté, il faut être respectable. Dès lors, les éruptions de violence contemporaines ont, au-delà de l’indignation pour partie légitime, une explication rationnelle qu’il convient d’élucider. Barbara Lefebvre décrypte la symbolique d’un geste déjà appelé à faire date.

La médaille et son revers

Le consensus semble fait autour de l’idée d’un climat politique et médiatique délétère à l’orée de la campagne présidentielle que beaucoup annoncent (souhaitent ?) calamiteuse et agitée. La gifle assénée au président de la République semble minimisée par l’intéressé qui n’y voit que l’alliage inadmissible de « la bêtise et de la violence » ; à l’instar de Manuel Valls, giflé également durant sa campagne des primaires socialistes en 2017 à Lamballe, qui poursuivit sa visite comme si de rien n’était.

Il semble toutefois que banaliser ces passages à l’acte violents à l’égard de figures de l’autorité publique (président, ministre, édiles locaux, policiers, pompiers, enseignants, soignants à l’hôpital public, agents de guichet dans les administrations) revient à alimenter le discours sur « le sentiment d’insécurité » qu’il ne faudrait pas alimenter ni exagérer. Le « circulez y a rien à voir » n’a pas davantage sa place concernant la gifle du président que lorsqu’un citoyen se fait lyncher sans raison par des jeunes dans une rue de Marseille, qu’un directeur d’école est tabassé par un parent contestant une punition, qu’un policier reçoit un énième projectile à la tête en faisant son métier, qu’un livreur frappé et insulté. Porter la main sur le chef de l’État n’est pas un geste banal, c’est le signe d’une transgression radicale s’agissant du respect envers cette fonction qui n’est pas banale non plus.

Quelle situation permet cette transgression ? Dans nos démocraties occidentales postmodernes et particulièrement en France, nation politique par essence, les citoyens se sentent constamment bafoués dans leur pouvoir souverain. Pour certains, le citoyen n’étant pas respecté, il n’a pas de raison de respecter l’autorité qui le représente. Aucune autorité légitime ne va de soi dans une société hyper-individualiste où l’intérêt général est constamment soumis aux caprices de minorités revendicatives de « leurs...

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