opinionsCinéma

Amal, un esprit libre : l’anti « Pas de vagues »

CONTRIBUTION / CRITIQUE. Passé sous les radars médiatiques, le courageux film de Jawad Rhalib n’a pas eu droit au même tapis rouge que le consensuel Pas de vagues. Pour cause, Amal : un esprit libre ne contourne pas le sujet de l’entrisme islamiste à l’école.

Amal-un-esprit-libre
Crédits illustration : Capture d'écran bande annonce © Amal, un esprit libre


Il y a des films qui prennent aux tripes tant ils rentrent en résonance avec le tragique d’une époque. Amal, un esprit libre fait indéniablement partie de cette catégorie-là.

Contrairement au film de Teddy Lussi-Modeste, Pas de vague, qui passe à côté du sujet malgré son titre pourtant prometteur, le film de Jawad Rhalib, lui, s’attaque à l’une des principales causes de la violence à l’école et du climat de peur qui y règne : l’entrisme islamiste et son cortège funeste d’atteintes à la laïcité, de menaces et d’attaques à destination des professeurs, mais aussi des élèves. Mais le réalisateur belgo-marocain va plus loin en brisant certains tabous comme celui de l’homophobie répandue chez les islamistes et celui de la guerre intestine que ces derniers livrent contre les musulmans qui souhaitent vivre selon les mœurs occidentales et les lois du pays où ils habitent.

Le film se déroule dans un lycée en Belgique, pays rongé par le communautarisme islamiste à tel point qu’il est devenu une véritable pépinière de djihadistes. Il raconte comment une professeure de lettres (Amal, interprétée par l’époustouflante Lubna Azabal), se retrouve confrontée à la violence islamiste pour avoir voulu protéger une de ses élèves de confession musulmane cyberharcelée et violentée par d’autres élèves musulmans en raison de son homosexualité. En disciple des Lumières et fidèle à sa mission d’éveiller l’esprit critique de ses élèves, Amal choisit d’étudier une œuvre d’Abu Nuwas, un poète du IXe siècle, musulman et… bisexuel. Sa tentative d’utiliser la puissance de la littérature pour combattre l’obscurantisme est un échec. Son choix, volontairement subversif, ne fait qu’envenimer les choses. Les menaces de mort pleuvent sur les réseaux sociaux, les parents d’élèves musulmans intégristes s’indignent, plutôt en arabe qu’en français d’ailleurs, et versent dans l’intimidation. Amal alerte et enrage contre la léthargie du proviseur...

Vous aimerez aussi