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Pas de vagues, tromperie sur la marchandise

CONTRIBUTION / CRITIQUE. On aurait pu attendre d’un film sur l’omerta dans l’Éducation nationale qu’il secoue le cocotier. Au lieu de cela, le film Pas de vagues de Teddy Lussi-Modeste ne fait qu’alimenter le pas-de-vaguisme en évitant sournoisement le sujet de l’islamisme à l’école.

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Crédits illustration : Capture d'écran YouTube ©FilmsActu


Le jour où sortait sur les écrans un film intitulé Pas de vagues, on apprenait que le proviseur du lycée Maurice Ravel était menacé de mort pour avoir demandé à une élève de retirer son voile et que par mesure de sécurité ce dernier partait à la retraite plus tôt que prévu.

À la vue de l’affiche du film, vient immédiatement à l’esprit cette formule choc, « Pas de vagues », devenue un hashtag sur les réseaux sociaux, lancée par des professeurs pour dénoncer le manque de soutien de leur hiérarchie lorsqu’ils sont confrontés à des contestations de leur enseignement souvent faites au nom de l’islam, au port de tenues manifestant une appartenance religieuse, mais aussi lorsqu’ils sont victimes de menaces, d’intimidations, de pression, d’agressions physiques ou verbales.

On s’attend donc à ce que ce film mette en scène tous ces faits d’une gravité extrême qui expliquent dans quel état de torpeur et de mal-être se trouve le corps professoral aujourd’hui, trois ans après la décapitation de Samuel Paty et à peine un an après l’assassinat de Dominique Bernard, tous deux tués par des terroristes islamistes.

Raté. Rien de tout cela.

Si ce film évoque bien la peur d’un professeur de lettres menacé de mort, l’emballement de la rumeur démultipliée par la viralité des réseaux sociaux, le « pas de vagues » de l’institution, le réalisateur, Teddy Lussi-Modeste, choisit de mettre en avant une cause autre que les revendications religieuses et les atteintes à la laïcité, pourtant en grande majorité responsables de ce contexte d’insécurité qui existe dans notre école républicaine.

Le professeur est donc accusé non pas de racisme ou d’islamophobie, mais d’harcèlement sexuel par une de ses élèves qui interprète mal une figure de style littéraire que son professeur tente d’expliquer en la prenant en exemple. La situation dégénère vite....

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