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5G : Le Royaume-Uni bannit Huawei, la France temporise

Le 14 juillet, le gouvernement britannique a annoncé l’exclusion du groupe chinois Huawei de son réseau 5G en raison d’un risque pour la sécurité du pays. Sous la pression des Etats-Unis c’est un axe atlantiste qui se dessine pour s’opposer au géant chinois, quand la France joue la montre.

5G : Le Royaume-Uni bannit Huawei, la France temporise

Le 14 juillet, le Royaume-Uni a annoncé qu’il allait exclure le groupe chinois Huawei de son réseau 5G. L’achat de nouveaux équipements fabriqués par l’industriel asiatique sera interdit dès la fin 2020 et les existants devront être retirés d’ici à 2027.

Depuis plusieurs mois, l’administration Trump fait pression sur le Royaume-Uni en ce sens. Celle-ci accuse le géant Huawei d’espionnage pour le compte de Pékin, ce que nie catégoriquement le groupe. « Le meilleur moyen de sécuriser notre réseau est que les opérateurs cessent d’utiliser les équipements Huawei pour construire le futur réseau 5G britannique » a affirmé Boris Johnson. De là à penser que la position américaine a influé sur la décision britannique, il n’y a évidemment qu’un pas.

La France de son côté essaye pour l’instant de ne froisser personne, jouant la montre. Dans un récent entretien accordé aux Echos, Guillaume Poupard, directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), chargé de ce dossier par le gouvernement, affirmait qu’il n’y aurait pas de « bannissement total de Huawei », seulement « des refus » établis au cas par cas. La France chercherait « un compromis »pour le développement de la 5G entre des « conditions économiques acceptables pour les opérateurs télécoms » mais « aussi souveraines » pour garantir notre indépendance vis à vis de tel ou tel équipement ou pays.

Le directeur de l’ANSSI précise : "Nous ne sommes pas dans du « Huawei bashing », ni dans du racisme anti-chinois. Nous disons juste que le risque n’est pas le même avec des équipementiers européens, qu’avec des non européens. Il ne faut pas se mentir."

Les équipementiers européens en question, le Finlandais Nokia et le Suédois Ericsson ont donc les faveurs des Occidentaux. A tel point qu’en début d’année, les Américains déclaraient officiellement songer à prendre le contrôle des deux sociétés pour contrer la Chine. Effet d’annonce avant tout visiblement, car on ne semble pas en prendre le chemin. Toujours est-il que deux camps s’opposent désormais frontalement.

Dans ce contexte, la France comme trop souvent, n’a d’autre solution que de décider de sa propre servitude. Et ce, une fois de plus, dans des domaines éminemment stratégiques. Mais en matière de stratégie nous en avons, il est vrai, vu d’autres : le ministère des Armées ne renouvelle-t-il pas au fil des années l’accord passé avec Microsoft pour équiper ses deux cent mille postes d’ordinateurs ? Alors même qu’il était tout à fait possible de choisir le logiciel libre ?

Nos contradicteurs souriront en coin prétendant que cette histoire de 5G ne peut se régler qu’au niveau international, que c’est impossible autrement, que nous devons passer par des équipementiers européens… Et effectivement, ce sera le cas finalement.

Mais nous leur rappellerons simplement qu’à une époque une société française existait sur le créneau des infrastructures de télécommunication : Alcatel. Avant sa funeste fusion en 2006 avec l’Américain Lucent, il n’était pas illusoire de croire en son potentiel. L’entreprise était présente partout dans le monde et son chiffre d’affaires se comptait en milliards.

Quel gâchis. Ironie de l’histoire : Alcatel-Lucent appartient depuis 2016 à Nokia, l’équipementier que nous choisirons donc pour la 5G. Nokia qui le mois dernier annonçait le licenciement de 1200 personnes en France…

Globalisation avez-vous dit ?

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