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L'immigrationnisme, une ruse de la raison européenne Abonnés

Du point de vue des élites européennes, l’immigration incontrôlée représente une aubaine permettant d’affaiblir le sentiment national au sein des États et de fluidifier le marché du travail. Seulement, comment faire passer la pilule ? Comment interdire toute objection ? Par l'argument éthique, pardi ! Sachant que l'effet devient imparable dès lors que l'on agite l'épouvantail hitlérien et le croque-mitaine colonial.

L'immigrationnisme, une ruse de la raison européenne

Depuis la crise des Gilets jaunes, le président de la République explique que l’immigration relève d’un tabou qu’il convient de briser. Le 10 décembre 2018, il faisait ainsi connaître son souhait de voir figurer ce sujet parmi les thèmes du grand débat national. Las. En dépit de cet appel à libérer la parole, sa plume est restée serve. La lettre qu’il a signée pour présenter le grand débat national commence prudemment par un rappel de principe sur la citoyenneté… Une citoyenneté réduite au « vivre ensemble ». Puis, la missive présidentielle égrène les articles de foi immigrationnistes. Le droit d’asile y est présenté comme une obligation « qui ne saurait être remise en cause ». La France y est dépeinte comme une terre ayant connu l’immigration de toute éternité : « Notre communauté nationale s’est aussi toujours ouverte à ceux qui, nés ailleurs, ont fait le choix de la France, à la recherche d’un avenir meilleur (…). » S’ensuit cette interrogation à l’adresse des Français : « Que proposez-vous pour améliorer l’intégration ? » La formulation exclut que le nombre de nouveaux venus ou que leur assimilation soient même questionnés.

La prose d’Emmanuel Macron reflète parfaitement les préjugés des classes dirigeantes européennes. Pour elles comme pour lui, l’immigration doit être pensée comme un enjeu humanitaire et une fatalité. Que des gens a priori correctement formés puissent, à ce point, simplifier une question aussi complexe que celle de l’immigration peut sembler déroutant. La raison de tant de simplisme tient en deux mots : Union européenne.

Le projet européen puise ses sources dans le rejet des nationalismes ayant supposément conduit les nations à se déchirer au cours des deux guerres mondiales. Dès sa conception, le grand dessein entend effacer les frontières et rapprocher les peuples. Et pour ce faire, promeut une vision...

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