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Autoroutes: les sociétés privées peuvent dormir tranquille

21/07/2020

Une énième commission d’enquête sur la cession des autoroutes auditionne les acteurs de la privatisation. La plupart des responsables persistent et signent : ils ne regrettent pas d’avoir liquidé cet actif stratégique.

Autoroutes: les sociétés privées peuvent dormir tranquille

Un article publié par Le Figaro rappelle aujourd’hui que la commission d’enquête sénatoriale sur les concessions autoroutières, lancée en début d’année, poursuit ses travaux. Elle a récemment auditionné les personnalités impliquées dans la privatisation des trois sociétés concessionnaires d’autoroutes exploitant une part importante du réseau national, décidée en 2005 par le premier ministre Dominique de Villepin. 

Quinze ans après, c’est peu dire que l’opération interroge toujours. La situation des sociétés d’autoroutes, « qui se portent très bien avec un chiffre d’affaires annuel dépassant les 8 milliards d’euros, en augmentation de 42,3 % entre 2009 et 2016 » ne dissipe pas les interrogations sur l’opportunité de la privatisation. Pas plus que l’augmentation des tarifs de péages subie par les usagers, 20 % en dix ans selon les chiffres d’un rapport sénatorial, là où l’inflation cumulée atteint seulement 10,14%. 

Tous les rapports successifs soulignent l’échec de l’opération. Dès 2008, la mission d'information sur les infrastructures de transport avait jugé « qu'il aurait été vivement préférable de maintenir l'actionnariat de l'État dans ces entreprises extrêmement rentables », alors que la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable évoquait, en 2019, une « faute politique ». 

Qu’à cela ne tienne : les responsables de la forfaiture ne regrettent rien. Entendu par la commission, Dominique de Villepin jure n’avoir pas « tué la poule aux oeufs d’or ». Son ancien directeur de cabinet, Bruno Le Maire, fait même mine que la décision de dépouiller l’Etat entrait dans la vision… d’un Etat fort — qui ne saurait se rabaisser à « veiller au bon entretien des bandes d’arrêt d’urgence ». 

Jugé trop couteux, un retour sur cette décision n’est pas à l’ordre du jour. Pire, la perte d’actifs stratégiques se poursuit, y compris dans le secteur des transports, avec le projet de privatisation d’Aéroports de Paris, pour l’instant suspendu. Une opération qui aurait été...

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