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Nouveau nucléaire : quand Bruxelles joue contre les intérêts industriels de la France

ARTICLE. Alors que la Commission européenne enquête sur les aides d’État pour la construction de ses six futurs réacteurs français EPR2, les négociations se tendent sur les modalités de vente de l'électricité qui sera bientôt produite.

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Mourad ALLILI/SIPA


Il ne reste plus grand-chose à la France pour se défendre dans la compétition mondiale. Mais elle conserve tout de même un atout de taille, qu’ont développé et que lui ont légué les premiers présidents de la Ve République : le nucléaire. Et en l’occurrence, le nucléaire civil. Mais alors que notre pays attend toujours que la fameuse relance du nucléaire, annoncée par Emmanuel Macron à Belfort en février 2022, se matérialise et que soient posées les premières pierres, l’Union européenne s'occupe de de poser des obstacles.

Depuis le 31 mars, elle enquête officiellement sur les aides de l’État français qui accompagnent EDF et son programme de construction de six nouveaux réacteurs nucléaires EPR2. Une procédure standard qu’ont dû affronter les Tchèques et les Polonais, deux pays ayant également annoncé une relance du nucléaire. Et qui a abouti à une validation bruxelloise à son terme. Mais il a fallu faire des concessions.

Le gouvernement polonais a du notamment ramener de 60 à 40 ans la réduction de la durée de son soutien direct des prix via Contract for Différence (CfD). Pour ne pas pénaliser les énergies renouvelables en période de surproduction, la centrale sera rémunérée pour sa disponibilité à produire de l’électricité plutôt que sur son volume réel injecté sur le réseau. Une aberration économique dont seule la Commission a le secret.


La priorité au marché ?


Quant à la France, d’après les Échos, c’est également la partie concernant la vente de l’électricité qui pose problème. Pour sécuriser ses gros consommateurs, industriels en tête, et rassurer EDF, l’État souhaite la mise en place de contrats de long terme conclus entre EDF et ses acheteurs. Tout du moins, en réserver une part significative de sa production. Tout au long des années fixées contractuellement, si les prix de marché sont plus bas qu’un...

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