« L'Europe nous étrangle » : face aux prix du carburant, le cri d'alarme d'un marin pêcheur en Méditerranée
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Fabrice Duprat est pêcheur en chalutier, implanté au Grau-du-Roi dans le Gard. Dans cette vidéo (tournée le 5 avril 2026) et dans l'entretien que nous avons réalisé avec lui ensuite, il tire la sonnette d'alarme. La crise iranienne, dont la France et l'Union européenne subissent en spectatrices impuissantes les lourds contrecoups économiques, frappe de plein fouet le secteur de la pêche française. En cause : l'augmentation spectaculaire des prix du carburants, qui menace gravement la poursuite de la production halieutique en Méditerranée et ailleurs.
Front Populaire : Pourquoi la hausse du prix du carburant est-elle aussi grave pour la pêche française ?
Fabrice Duprat : Nous sommes de gros consommateurs de carburant. Le gasoil que l’on utilise est déjà en partie détaxé à la base. Il y a quatre semaines, avant la guerre, il était à 0,68 euros le litre. Moi, j’ai l’un des plus petits bateaux du port, et je consomme entre 5 et 5,5 tonnes de carburant par semaine. Il faut savoir que dans la pêche, le coût du carburant rentre directement dans le calcul du chiffre de la semaine. Ce qu’il reste une fois ce coût défalqué est partagé à bord et utilisé pour payer les salaires. C’est-à-dire que tous les marins sont touchés par l’augmentation des prix du carburant. Ça a un impact direct sur les salaires.
Front Populaire : Pouvez-vous amortir cette hausse en augmentant le prix du poisson ?
Fabrice Duprat : Nous sommes la seule coopérative en France qui appartient à 100% à ses pêcheurs. Nous avons donc la main sur ce levier. Pour les autres, partout en France, la propriété est partagée - avec la région, la communauté de communes ou d’autres collectivités territoriales, par exemple. Nous avons un autre problème en Méditerranée : le poisson (et notamment le merlan) atteint sa majorité reproductive plus tard et nous pêchons donc beaucoup de poissons juvéniles, ou plus généralement de taille trop réduite pour l'Europe, qui interdit la commercialisation des trops petits spécimens. Pour autant, nous n'observons pas d'augmentation de la quantité de poissons géniteurs de bonne taille. C'est un problème environnemental que nous, les pêcheurs, n'arrivons pas à faire comprendre à l'Europe. Chez nous, nous avons une devise : tout ce qui est pêché doit être vendu et consommé. Nous ne jetons pas le moindre kilogramme de poisson. Nous avons un produit fabuleux dont nous...
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