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Malgré l’opposition de la France, l'accord avec le Mercosur est adopté

ARTICLE. Comme attendu, le traité de libre-échange avec le Mercosur a été adopté à Bruxelles ce vendredi. La France mise désormais sur le Parlement européen pour inverser le cours de l’histoire. Elle semble toutefois déjà écrite : l’Allemagne en a décidé ainsi.

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Michel Euler/AP/SIPA


Elle avait le destin du traité avec le Mercosur dans les mains. Après avoir fait faux bond à la Commission européenne, privant Ursula von der Leyen d’un voyage honorifique en Amérique du Sud fin décembre, Georgia Meloni a cette fois répondu à l’appel de Bruxelles, se détournant de son éphémère allié de circonstance, la France. En votant en faveur de l’adoption du traité, l’Italie a privé l’Hexagone d’une minorité de blocage. Avec pour seuls alliés la Pologne, la Hongrie, l’Irlande et l’Autriche — la Belgique s’est abstenue —, Emmanuel Macron n’a pas su faire pencher la balance en sa faveur lors du vote décisif des États européens ce vendredi 9 janvier à Bruxelles.

Malgré les annonces de la Commission européenne en début de semaine, Emmanuel Macron avait tranché ce jeudi en faveur du « non ». Bien que la France ait obtenu plusieurs avancées (dont il s'était vanté sur les réseaux sociaux), qu’il s’agisse d’un gel de la taxe carbone européenne sur les engrais ou une enveloppe supplémentaire de 45 milliards d’euros — une simple anticipation budgétaire en réalité — pour la future PAC à venir, Emmanuel Macron avait jugé ces propositions insuffisantes. « L’accord UE-Mercosur est un accord d’un autre âge, négocié depuis trop longtemps sur des bases trop anciennes (mandat de 1999) », a-t-il déclaré ce jour, considérant que le traité « ne justifie pas d’exposer des filières agricoles sensibles et essentielles à notre souveraineté alimentaire ».

Des proclamations qui tranchent avec les positions exprimées par le passé par le chef de l’État français. Ne déclarait-il pas en juin 2019 qu’« un bon accord commercial est bon pour nos entreprises et nos emplois, et cet accord permettra d’ouvrir des marchés agricoles et industriels et de protéger nos indications géographiques » et qu’« À ce stade, l’accord est bon » ?...

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