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Par crainte du Rassemblement National, l’Allemagne veut accélérer l’accord budgétaire de l’UE

ARTICLE. Le RN ayant déclaré vouloir réduire la contribution annuelle de la France à l’UE, l’Allemagne souhaite l’en empêcher. Quitte à aller à l’encontre du calendrier initial.

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Wiktor Dabkowski/ZUMA/SIPA


Vive la démocratie ! Enfin, quand ça arrange l'Europe. En France, Emmanuel Macron place ses pions en prévision d’une arrivée du RN au pouvoir. Amélie de Montchalin à la Cour des Comptes, Richard Ferrand au Conseil constitutionnel, Emmanuel Moulin au poste de gouverneur de la Banque de France… L’Europe s’apprête-t-elle à en faire de même ? S’il ne s’agit pas là de nominations, il semblerait bien que là encore, l’épouvantail RN pousse les démocrates européistes au traitement d’exception douteux.

Dans un entretien accordé le 15 juin à Politico, Jordan Bardella a pu exposer sa vision de la présidence française. Se définissant comme un « un souverainiste français », défendant « la liberté de [son] pays », il a tenu à rassurer son interlocutrice : « Nous ne souhaitons pas quitter l’Union européenne. Nous souhaitons tout changer sans rien détruire  ». Concernant l’aspect budgétaire, il estime nécessaire de « changer le fonctionnement de l’Union européenne, et c’est pourquoi [le RN demande] demain que la France contribue moins » à un budget « dont l’augmentation, à la veille de l’élection présidentielle, est actuellement prévue à un rythme démesuré ». De 1 074 milliards d’euros, le budget actuel (2021-2027) passerait pour 2028-2034 à 2 000 milliards d’euros (1760 milliards au prix de 2025).

Bien que la méthode — « nous négocierons comme l’ont fait l’Allemagne et les Pays-Bas » — soit annoncée, le spectre d’un Frexit plane, craignent les centristes. Guère avare quand il s'agit d'exagérations en tout genre, l’eurodéputée macroniste Nathalie Loiseau a taclé la sortie de Jordan Bardella : « Alors, revoilà le Frexit, mais à moitié caché », a-t-elle affirmé sur le réseau social X. C’est toutefois à un étage bien supérieur que cet entretien semble faire bouger les lignes autour du futur budget pluriannuel de l’Union européenne : à Berlin.


« Profondément antidémocratiques »...

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