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Pierre-Yves Rougeyron : « L’Europe n’est plus une idée qui intéresse au-delà de la classe des boomers inactifs » Abonnés

ENTRETIEN. Ce lundi, Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen se sont exprimés à Strasbourg dans l’enceinte de Parlement européen pour clore la Conférence sur l’avenir de l’Europe. Certaines annonces ont suscité l’interrogation voire la fronde d’une partie des pays membres. Nous avons interrogé Pierre-Yves Rougeyron, président du Cercle Aristote, à ce sujet.

Pierre-Yves Rougeyron : « L’Europe n’est plus une idée qui intéresse au-delà de la classe des boomers inactifs »


Front populaire : Macron a proposé une « communauté politique européenne ». Pourquoi une telle proposition selon vous ?

Pierre-Yves Rougeyron : Macron est un européiste fanatique. Il pense que pour réaliser son agenda personnel, soit devenir Président d’Europe un jour, il lui faut essayer de forcer au grand saut fédéral dans le vide. Il estime avoir les conditions pour cela. Selon lui, le départ des Britanniques qui garantissaient la liberté des Etats en Europe, le fait que l’Allemagne pourrait accepter à la faveur de la crise ukrainienne encore plus de mutualisation des dettes, la fin de toute alliance possible avec la Russie, l’illégalité manifeste du comportement de la Commission européenne (envoyer des armes, censurer des médias sans base légale) et son acceptation par les gouvernements ainsi que l’absence de patriotes américains à Washington ont comme résultat une fenêtre d’opportunité. Il sait que l’UE diverge toujours plus et que chaque question creuse les problèmes. Par exemple, près de la moitié des Etats européens vont payer en roubles le gaz russe. Donc il reprend les projets maximalistes de la Convention sur l’avenir de l’Europe, un comité fantoche européiste au dernier degré, pour s’imposer dans le flou et le chaos de notre situation présente (ce qui arrive dans toutes les guerres). Vu les réactions, cela pourrait se solder par un échec. Mais je pense que les eurocrates savent que la fenêtre qui s’ouvre pour eux est la dernière. Devant le mur, ils accélèrent comme tant d’oligarchies avant eux. Macron entend apporter dans la dote la diplomatie unique (soit la fin de la diplomatie française et certainement du siège à l’ONU), l’armée unique (fin de l’armée française et de notre dissuasion nucléaire) et la police commune ce qui permettra de réaliser les vœux européens d’arriver et de placements massifs d’immigrés.

FP : Après...

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