Nation
Education
L'illettrisme, un fléau qui touche d'abord les moins riches Abonnés

ARTICLE. Une étude de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche mesure l’étendue de l’illettrisme chez les jeunes Français. Ce fléau frappe plus d’un élève sur 10 au collège, et touche tout particulièrement certaines régions de France parmi les moins favorisées.

L'illettrisme, un fléau qui touche d'abord les moins riches


L’illettrisme frappe un nombre important d’élèves en France. Entre 12 à 14 % des écoliers entrent au collège en éprouvant de grandes difficultés à lire. Et cet état est presque irréversible : sur cent élèves présentant ces difficultés en 6e, 94 % les afficheront encore en classe de 3e. C’est le constat que tire l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (Igesr) dans sa Mission prospective sur l’illettrisme remise en mai 2022 à l’ancien ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, Jean-Michel Blanquer.

L’illettrisme désigne « la situation de personnes de plus de seize ans qui, bien qu’ayant été scolarisées, ne parviennent pas à lire et comprendre un texte portant sur des situations de leur vie quotidienne, et/ou ne parviennent pas à écrire pour transmettre des informations simples ». C’est sur cette définition que se sont appuyés les membres de la mission pour cartographier l’ampleur du phénomène en France, détectable lors des Journée défense et citoyenneté (JDC).

En 2020, lors de cette journée, 9,5 % des participants (contre 11,8 % en 2019) ont présenté des difficultés dans le domaine de la lecture – plus exactement, une « compréhension très faible, voire nulle ». Et 4,6 % (contre 5,3 % en 2019) pouvaient être considérés en réelle situation d’illettrisme. Si ce taux affiche une certaine régularité entre 2000 et 2018, la mission note qu’elle masque des évolutions divergentes selon les élèves : le niveau des meilleurs élèves a eu tendance à augmenter et celui des plus faibles, au contraire, à baisser.

Des chiffres alarmants outre-mer

Les auteurs soulignent également de criantes inégalités géographiques. Si 4,6 % des lycéens parisiens, 5,4 % de ceux des Hauts-de-Seine ou 5,5 % de ceux de Haute-Savoie présentaient des difficultés à lire et écrire en 2020, d’après le ministère des...

Contenu réservé aux abonnés

Pour le consulter, vous devez vous connecter ou vous abonner.

commentaireCommenter