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Plan de relance de l’UE : piège à cons

La Commission européenne a présenté le 27 mai un grand plan de relance de 750 milliards d’euros. Tous les grands médias rugissaient de plaisir et célébraient un formidable accord de l’Union européenne et une avancée inédite. Ce plan était d'ailleurs au coeur des discussions hier, entre Macron et Merkel, lors d'une rencontre en Allemagne. Il est en réalité une arnaque à tous les niveaux. 

Plan de relance de l’UE : piège à cons
Charles-Henri GALLOISprésident de « Génération Frexit »
Publié le 30 juin 2020

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Tout d’abord, il est théorique car ce plan n’est pas encore approuvé. Il sera justement étudié lors du Conseil européen qui se tiendra les 17 et 18 juillet lors d’un sommet extraordinaire. Cela veut donc dire que les pays de l’UE n’ont pour le moment pas touché un kopeck. Le moins que l’on puisse dire, c’est que, si ce plan est adopté, il sera bien tardif, alors que la crise nécessite une réponse urgente. Cela contraste avec les plans de relance nationaux qui, eux, sont immédiats tandis que toute décision à l’échelle de l’UE est toujours lente et inefficace. D’ailleurs, ce plan nous est vendu comme une formidable réussite de la gestion du covid-19 par l’UE. C’est à mourir de rire quand l’on sait l’inutilité et la nocivité de l’UE pendant la pandémie : dogme des frontières ouvertes qui a empêché leur fermeture rapide, absence d’aide à l’Italie lorsque celle-ci en avait le plus besoin (l’aide est venue de la Chine, de la Russie, de Cuba et du Venezuela…), vols de masques entre États membres, etc.

On voudrait aussi nous faire croire qu’il s’agirait d’argent magique donné par la très généreuse Union européenne. C’est vite oublier que l’Union européenne ne produit rien et que tout l’argent qu’elle brasse vient des États membres. En l’espèce, même dans le budget actuel de l’UE, il y a des pays qui donnent plus qu’ils ne reçoivent, les contributeurs nets, et des pays qui donnent moins qu’ils ne reçoivent, les bénéficiaires nets. Chaque année, depuis 2011, la France a par exemple donné en moyenne 8 milliards d’euros en plus qu’elle n’en a reçu. L’astuce consiste à dire que les États membres ne vont pas payer puisque ce plan sera basé sur des ressources dites « propres » et sur un grand emprunt de l’UE. Mais cette communication de façade ne résiste pas à l’étude des faits. Les ressources « propres » ne sont rien d’autres que des taxes européennes collectées par les États membres. Cela revient en fait à siphonner la base fiscale des États en colorant le tout du drapeau bleu aux étoiles d’or. Cette manipulation comptable a d’ailleurs déjà eu lieu en 2010 lorsque les droits de douane et les taxes sur le sucre sont devenus une ressource propre de l’UE. Cela permet de faire baisser artificiellement la contribution des pays à l’UE et son coût direct. Pour ce qui est d’un emprunt européen, là aussi, l’enfumage est total. Cet emprunt repose en réalité sur la garantie des différents pays. Le risque est donc porté par les pays et non pas par l’UE.

Entrons maintenant dans le détail de ce plan de 750 milliards d’euros, c’est-à-dire sa structure et qui paie et qui reçoit cet argent.

Au niveau de la structure, il se décompose en deux volets : des prêts aux pays pour 250 milliards d’euros et des « subventions » pour 500 milliards d’euros.

Les prêts devront être remboursés par les pays qui les contractent. Ce n’est donc pas de l’argent gratuit. Ces prêts sont en revanche garantis par les États membres. La France garantira environ 20 % de ces prêts mais n’en verra pas un seul centime, comme c’est aussi le cas de l’Allemagne. Par conséquent, nous garantirons pour 50 milliards d’euros de prêts vers des pays qui pourront faire potentiellement défaut.

Le volet des « subventions » est celui qui rend le plus dithyrambiques nos chers médias. À les écouter, nous avons l’impression qu’il s’agit d’un argent magique et ils listent à l’envi les milliards d’euros que recevront les pays : 82 milliards d’euros pour l’Italie, 77 milliards d’euros pour l’Espagne, 39 milliards d’euros pour la France et 29 milliards d’euros pour l’Allemagne. Cette répartition laisse déjà songeur car ce plan de relance est censé aider les pays les plus touchés. Le FMI dans ses « Perspectives de l’économie mondiale » de juin prévoit une perte du PIB en 2020 de - 12,8 % pour l’Espagne et l’Italie, et - 12,5 % pour la France. Économiquement, la France est tout aussi touchée que ces deux pays mais touchera 2,7 fois moins d’argent qu’eux.

Il faut ensuite regarder qui paie, car, comme je l’ai expliqué, ce sont les pays qui vont rembourser ce plan. Cette partie est totalement et étrangement absente de nos médias. Il ne faudrait tout de même pas commettre le sacrilège de critiquer l’UE. Eh bien, sur les 500 milliards d’euros, la France va payer a minima sa quote-part au budget de l’UE, soit 20 %, et donc 100 milliards d’euros ! Dans son édition du 17 juin, Le Canard enchaîné allait même jusqu’à parler de 140 milliards d’euros.

C’est donc l’arnaque du siècle, puisque la France va subir avec ce plan une perte sèche nette comprise entre 61 et 101 milliards d’euros ! Pour vous donner un ordre de grandeur, ces sommes étant si élevées qu’elle ne parle pas à l’imagination, c’est davantage que le budget de l’enseignement scolaire et la Défense, les deux premiers postes budgétaires de l’État. En d’autres termes, cette perte de 101 milliards d’euros correspond individuellement au coût annuel :

— La construction et le fonctionnement de 67 000 crèches,
— La construction de 2 525 hôpitaux,
— La construction de 14 porte-avions Charles-de-Gaulle par an (alors qu’on ne peut même pas s’en payer un second à l’heure actuelle),
— Le recrutement de 3 400 000 infirmières,
— Le recrutement de 2 300 000 professeurs,
— Le recrutement de 3 000 000 gendarmes,
— Le recrutement de 4 000 000 soldats,
— 606 km de hauteur de billets de 20 euros,
— 6 121 euros par foyer fiscal payant l’impôt sur le revenu.

Le piège à cons va même plus loin. Comme pour les fonds européens classiques du budget de l’UE, il faut bien savoir que vous n’en avez même pas la libre utilisation. C’est-à-dire que c’est l’UE qui décide de l’emploi de ces fonds. C’est comme si vous donniez à quelqu’un 140 euros, qu’il vous en rendait 39 et qu’en plus il exige de vous d’acheter de la salade, du taboulé et du jus d’orange alors que vous auriez aimé acheter de la vodka, du caviar et des cerises. Vous devriez en plus lui dire merci. Le fonctionnement de ce plan, c’est exactement cela.

Cela va même encore plus loin. Non seulement vous n’avez pas la libre utilisation de ces fonds du plan de relance, mais des contreparties sont demandées. Les textes parlent de « réformes compatibles avec les priorités politiques de la Commission européenne ». On sait ce que cela veut dire : des réformes structurelles antisociales comme celles des retraites. En gros, dans le cadre de l’UE et de l’euro, la Commission européenne, par le biais des grandes orientations des politiques économiques, donnait déjà les grandes lignes de ce que devait être la politique économique et sociale d’un pays. Le pays devait en tenir compte pour construire son budget qui était ensuite examiné et retoqué en cas de non-conformité. Cela fait penser à l’élève donnant sa copie au maître qui la corrige. Désormais, c’est plus simple, la Commission vous donnera directement la copie clés en main. Nous allons donc acheter nos menottes (et celles des voisins de cellule) pour se les mettre tranquillement autour des poignets.

Dans ces conditions, n’importe quelle personne sensée comprend que c’est le pire accord de l’histoire, comme l’aurait dit Donald Trump. Avec ce plan, la France cumule à la fois les inconvénients que peuvent avoir l’Allemagne et l’Italie. L’Allemagne va payer des sommes importantes mais elle bénéficie massivement de l’euro et du Marché unique. C’est un modeste prix à payer pour maintenir le Titanic de l’UE à flot. L’Italie, qui souffre de l’euro comme la France, en raison de la structure de son économie, continuera de souffrir sur le plan économique mais va au moins recevoir plus qu’elle ne paie dans ce plan. La France va payer pour maintenir un système qui lui nuit. C’est dire la situation totalement absurde de voir Emmanuel Macron être le dirigeant qui pousse le plus pour ce plan alors qu’il est catastrophique pour la France. Il est prêt à brader tous nos intérêts nationaux au nom de la religion de l’UE. À ce niveau de bêtise et de comportement antifrançais, on est très proche d’une attitude que l’on ne retrouverait que dans une secte.

Il ne reste maintenant plus pour les Français qu’à espérer que ce plan de relance sera rejeté par les quatre frugaux (Pays-Bas, Autriche, Suède et Danemark). S’il n’est pas rejeté, il y a non seulement une fuite en avant fédéraliste qui est dangereuse d’un point de vue démocratique mais une opération financière catastrophique pour la France.

La France pourrait parfaitement faire ce plan elle-même, d’autant qu’elle emprunte à 10 ans à des taux négatifs. Cette insistance d’un plan de l’UE semble être faite pour lier définitivement la France à l’UE et pour décourager toute sortie puisque ces engagements financiers devront être honorés en cas de Frexit. C’est aussi pour cela que le Frexit est urgent, le coût de l’UE et de l’euro devient exponentiel pour la France. Il est grand temps de reprendre notre argent et notre démocratie en se libérant de l’UE par le Frexit.

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