Nation
Brexit
Sous-traiter l’immigration illégale au Rwanda : la stratégie de Boris Johnson énerve la CEDH Abonnés

ARTICLE. C’est une décision controversée et pour le moment entravée par la Cour européenne des Droits de l’homme : le Royaume-Uni veut transférer la gestion de ses immigrés illégaux au Rwanda. Malgré tout, l’idée séduit. Le Danemark pourrait prochainement suivre l’exemple britannique.

Sous-traiter l’immigration illégale au Rwanda : la stratégie de Boris Johnson énerve la CEDH


Ce mardi 14 juin, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a obtenu l’annulation d’un vol entre le Royaume-Uni et le Rwanda. A son bord, sept migrants demandeurs d’asiles entrés illégalement sur le territoire britannique. Dans son jugement, la CEDH a considéré qu’un Irakien — qui avait déposé un recours — présent dans l’avion ne pouvait être expulsé tant que la justice britannique n’ait acté la légalité du projet de loi de du Premier ministre Boris Johnson. Les juges de la CEDH s’inquiètent d’un risque de traitement inéquitable des réfugiés au Rwanda ainsi que d’un risque de sécurité les concernant.

Depuis le 14 avril 2022, Kigali, la capitale du Rwanda, est liée avec Londres par un accord bilatéral. Pour un montant annuel de 120 millions de livres sterling (140 millions d’euros), les Britanniques financeront la sous-traitance de l’accueil des immigrés illégaux qui ont pénétré leur territoire depuis le 1er janvier 2022. Pour justifier cette mesure, le gouvernement conservateur estime que cet accord dissuadera les clandestins de franchir la Manche. Il permet également, côté britannique, une économie d’échelle : le système d’asile actuel du Royaume-Uni coûterait 1,5 milliard (1,74 milliard d’euros) de livres sterling par an, notamment en frais d’hébergement.

Le Rwanda est-il le bon pays ?

Ce projet divise nettement. Un sondage d’opinion réalisé ce lundi et relayé par la BBC montre que sur un panel de 2 463 Britanniques interrogés, 44 % sont favorables à cette politique (27 % « fortement ») et 40 % s’y opposent (28 % « fortement » opposés). Des personnalités publiques, comme l’ancienne Première ministre Theresa May, ainsi que l’archevêque de Canterbury, Justin Welby, ou le prince Charles (pourtant tenu par sa fonction à la neutralité politique), ont fait part plus ou moins directement de leurs désaccords. Tout comme bon nombre d’ONG et...

Contenu réservé aux abonnés

Pour le consulter, vous devez vous connecter ou vous abonner.

Publié le 16 juin 2022
commentaireCommenter