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« Mise sous tutelle écologique de l’agriculture » : pour qui se prend Nicolas Hulot ?

Une réaction aux récents propos de Nicolas Hulot qui rêve de voir le ministère de l’Agriculture placé sous la tutelle de celui de la transition écologique et solidaire.

« Mise sous tutelle écologique de l’agriculture » : pour qui se prend Nicolas Hulot ?
Jean-Paul PELRASAgriculteur et rédacteur en chef de L'Agri
Publié le 3 juillet 2020

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Février 2017. En plein Salon de l’Agriculture, le syndicat SUD Rural Territoires et Solidaires Fonction Publique indique dans un communiqué qu’il a eu connaissance « fortuitement » des «cogitations » d'un groupe de travail sur l'avenir du Ministère de l'Agriculture et de ses services à l'horizon 2025. Plusieurs pages relatent « des travaux encore confidentiels » avec 4 scenarios envisageables qui concernent pêle-mêle des coupes sombres dans les Directions départementales des territoires (DDTM), la disparition des Chambres d’Agriculture et l’absorption du ministère de l’Agriculture (MAAF) par celui d’autres ministères dont celui de l’Environnement.

« Le ministère disparaît et ses missions sont ventilées sur les autres ministères (Environnement, Education nationale, Economie...) Ou bien il est réduit au statut de secrétariat d'Etat auprès du ministre de l'Environnement. » indiquait à l’époque ce communiqué de toute évidence prémonitoire. Du moins si l’on s’en réfère à la récente déclaration de Nicolas Hulot sur France Info où l’ancien ministre de la Transition écologique n’y va pas par quatre chemins : "Si l'agriculture - ce n'est pas une manière de stigmatiser l'agriculture, loin de là, au contraire, c'est justement la faire rentrer dans la modernité - pouvait être sous la tutelle du ministère de l'Écologie, voilà déjà un bon signal" Et celui qui claqua la porte du gouvernement en septembre 2018 de rajouter «  un écologiste à Matignon ça aurait de la gueule »

Mais que vient faire Nicolas Hulot, dont le parcours n’a absolument rien à voir avec celui de nos paysans dans cette histoire. Que vient faire l’ex animateur d’Ushuaïa dans ce jeu de Monopoly où la rue de Varennes pourrait, selon lui, migrer du côté du boulevard Saint Germain ? Et pourquoi l’écologie, celle qui fabrique et impose des ministres d’État avec seulement 2 % de suffrages aux élections présidentielles, devrait elle proposer une « mise sous tutelle » de l’agriculture par les environnementalistes ?

Cette agriculture qui pèse 75 milliards d'euros de chiffre d’affaire et fournit du travail à 1,5 millions de personnes. Cette agriculture qui, jusqu’à preuve du contraire, permet à notre pays de ne pas dépendre sur le plan alimentaire d’importations non contrôlées. Cette agriculture que Hulot voulait la plus vertueuse du monde. Cette agriculture qu’il a contribué à affaiblir et à isoler en lui imposant, avec l’appui des ONG, une écologie punitive et coercitive à coup de normes promptes à impacter sa compétitivité dans un contexte international où les règles économiques, sociales, fiscales et environnementales ne sont pas appliquées unilatéralement. Sachant, de surcroît, que le modèle prôné n’est pas en adéquation avec le pouvoir d’achat de cette grande majorité de français qui n’a pas eu la chance de thésauriser dans l’audiovisuel ou le cosmétique…

Que représente Mr Hulot ? Quelle influence a t-il encore pour se permettre d’avancer de telles propositions ? Quel est ce pays où l’on prend conseil auprès des artistes de variété et des pilotes de delta plane pour savoir comment doit être géré tel ou tel secteur d’activité ?

Faire main basse sur l’agriculture ; un vieux rêve pour les « verts » qui idéalisent et ont jeté leur dévolue depuis des années sur nos campagnes en utilisant le prisme des médias et le conditionnement des esprits. Avec eux, tout ce qui n’est pas écologique est mal, tout ce qui n’est pas bio est mauvais, tout ce qui se mange, se boit, se porte, nous abrite ou nous transporte doit être contrôlé, validé, sanctionné.

Si ceux qui nous gouvernent cèdent pour des raisons politiciennes évidentes aux volontés et à l'hystérie des environnementalistes doctrinaires, ils mettront en péril l’équilibre de notre société. Une société qui n’est plus en capacité de réagir car quotidiennement poussée à culpabiliser, car infantilisée, car mal informée.

Sans occulter les enjeux environnementaux, les pouvoirs publics doivent s’interdire la facilité et ne plus obéir aux diktats des ONG qui, pour la plupart anticapitalistes, suggèrent une forme de décroissance. Le génie politique, si tant est qu’il puisse encore exister, consistera donc, en inventant un dosage probablement inédit, à sauver la planète sans l’empêcher de tourner. Il y parviendra s’il se met à réfléchir avec discernement. Il échouera s’il continue à obéir aux imprécateurs du moment.

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