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Rencontre avec Bruno Ciofi, agriculteur patriote Abonnés

ENTRETIEN. Abonné de Front Populaire, Bruno Ciofi est vigneron en Anjou. Candidat malheureux aux législatives pour Résistons !, le parti de Jean Lassalle, il revient avec nous sur son parcours personnel et politique.

Rencontre avec Bruno Ciofi, agriculteur patriote


Front populaire : Pouvez-vous vous présenter ?

Bruno Ciofi : J'ai 53 ans, je suis l'heureux père de cinq enfants âgés de 26, 24, 5 et 3 ans et en couple avec Virginie, vigneronne à Savennières. J'ai grandi à Soultzeren, dans la vallée de Munster en Alsace. J'ai découvert l'univers du vin en 1992, l'année du traité de Maastricht. De 1995 à 2020, j'ai été vigneron, cultivant la vigne et élevant son vin. J'essaye depuis 1995 de pratiquer la biodynamie, tout d’abord en Alsace de 1995 à 2008 avec Chantal et JP Frick, puis de 2009 à 2016 au domaine de La Pinte à Arbois dans le Jura, et depuis 2017 en Anjou. Depuis 2021, je suis vinificateur artisanal, c'est à dire que j'achète des moûts (jus de raisin non fermenté) que je vinifie, mais je ne cultive plus la vigne. Tous les moûts que je vinifie viennent d'Anjou et sont issus de la viticulture biologique, et si possible biodynamique.


FP : Comment vous est venue l’envie de militer politiquement et quel a été votre parcours ?

BC : Comme souvent la petite histoire d'une famille rencontre la grande. Mon nom de famille n'est pas très alsacien…. Mes deux grands-parents paternels étaient italiens de Casole d'Elsa magnifique village toscan non loin de Sienne. Mon grand- père, Archimède Ciofi, était communiste et fut obligé de fuir l'arrivé du fascisme – le vrai, une fois n’est pas coutume. Il s’installa avec femme et enfants à Aups dans le Haut-Var. Mes deux grands-parents maternels étaient alsaciens nés tous les deux au début du 20ème siècle, et donc « allemands ». Ils redevinrent français en 1918, puis à nouveau allemands en 1939, puis français en 1945… Bref, de vrais Alsaciens.

Mon grand-père alsacien était gaulliste, forgeron de métier, il s’illustra en portant le béret français (ce qui était « streng Verboten ») et en forgeant des croix de Lorraine en 1943, ce qui lui valut d’être emprisonné quelques temps à Schirmeck. Mes parents se rencontrèrent dans le Haut-Var et décidèrent de s’installer à Soultzeren. Tout ce terreau « gaullo-communiste » n’est sans doute pas étranger à l’envie pour mes frères et moi de s’investir pour la collectivité. Un de mes frères fut maire de notre village pendant 25 ans et l’autre est conseiller municipal et engagé dans la paroisse protestante d’un autre village de la vallée.

Pour ma part, le tournant fut la création de l’association ATTAC en 1999. Je fus le président fondateur d’ATTAC 68 et membre du conseil d’administration de l’association nationale. Cette association fut une formidable expérience d’éducation populaire où il s’agissait de se réapproprier les questions de financiarisation de l’économie, afin de permettre au politique de reprendre sa place face aux marchés. Nous commencions alors à parler de souveraineté,...

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