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La marquise de l’OTAN

Le 10 juin dernier un accrochage avait lieu en Méditerranée entre une frégate de la marine nationale et un navire militaire turc. Survenu alors que notre flotte participait à une opération de l’OTAN, le différend poussait la France a suspendre son action. Le moment semble idéal pour nous poser les bonnes questions sur notre participation à l’ Organisation du traité de l’Atlantique Nord.

La marquise de l’OTAN
Albert MAATRANSAnonyme
Publié le 6 juillet 2020

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Ainsi sont rapportés par la presse les faits suivants. La frégate Courbet, navire de la marine nationale française, a rencontré quelque difficulté face à trois navires militaires turcs le 10 juin alors qu’elle tentait de contrôler le cargo Cirkin, manifestement escorté par ces derniers. La bande faisait route vers la Libye pour y livrer autre chose que des fruits et légumes. Le cadre dans lequel le Courbet agissait était un mandat de l’OTAN, à savoir l’opération de sûreté maritime Sea Guardian. Quant à nos « amis » turcs, doit-on rappeler qu'ils sont membres de L'O.T.A.N ? Sans prendre de grands risques ou même entrer dans les détails, nonobstant les versions diverses, on peut considérer qu'ils s'opposèrent à ce contrôle

De quoi cet avatar est-il le nom ? L’OTAN aujourd’hui, c’est un ensemble de 30 nations. Son chef, le communiquant Jens Stoltenberg _qualité essentielle du « manageur » actuel_ n’a cessé de nous seriner la force indéfectible de l’OTAN et de l’alliance depuis longtemps. Sans jamais faiblir. Pourtant, même si les médias environnants ont bien évidemment évité de s’appesantir sur l’affaire, un sérieux coup de canif vient d’être porté au contrat. Mais était-ce donc si imprévisible ?

L’analyse de la situation mérite bien évidemment attention, précision mais aussi exhaustivité, ceci dépassant largement le cadre et le temps accordé à ce billet. Appesantissons-nous donc uniquement sur la prise en compte d’un seul critère : le nombre.

A l’origine, l’OTAN c’était une douzaine de membres. La famille a fait des petits puisque l’on a presque multiplié par trois le volume de la tribu. Car il apparaît qu’aux yeux de certains, le seul critère comptable soit synonyme de force et d’efficacité. Ceci appelle deux remarques :

- La première que certains seraient bien inspirés de retenir, c’est que la force d’une chaîne est celle de son maillon le plus faible. Là encore, une analyse exhaustive mériterait d’encadrer ce qui caractérise la faiblesse. Mais l’idée générale est bien compréhensible ;

- La deuxième consiste à pousser la logique de l’expansion de l’OTAN jusqu’au bout. Si l’union fait la force, alors une OTAN à 50 serait d’autant plus efficace et forte, non ? Pourtant, il n’est guère nécessaire d’être un grand mathématicien pour comprendre que l’augmentation du volume de pays membres engendre corrélativement le risque de voir deux pays qui entreraient occasionnellement en conflit, appartenir à l’organisation. En poussant le raisonnement jusqu’à l’absurde, c’est-à-dire en supposant que l’ensemble des pays du monde appartiendraient à l’OTAN, sauf la Russie, alors ce risque statistique serait proche de 100%...

C’est ainsi que l’union ne fait pas nécessairement la force mais plus certainement la confusion lorsqu’elle s’appuie sur des critères approximatifs, moins encore la sacro-sainte communication qui s’apparente chaque jour un peu plus à un mensonge permanent.

Le gouvernement français a choisi, ponctuellement, d’être un peu souverain en se retirant de l’opération Sea Guardian. Mais, en même temps, la France appartient toujours à l’OTAN. En même temps, si l’OTAN connait des difficultés au niveau « diplomatico-militaire » au point d’être en état de mort cérébrale comme l’avait explicité monsieur Macron lors de son entretien avec « The Economist » _mais la science s’acharne toujours sur l’organisation en fin de vie_, la vie quotidienne de l’OTAN et de ses serviteurs aux niveaux inférieurs, opératifs ou tactiques, est une merveille de concorde. Sauf en Méditerranée à présent…En même temps.

L’OTAN est devenu une mondaine, vantant l’épaisseur de son carnet d’adresse comme un titre d’importance et d’efficacité relationnelle et sociale. Les numéros de téléphone sont nombreux, mais malheureusement ils ne sont plus attribués.

Jens Stoltenberg, marquise de l’OTAN, d’une vieille noblesse dorénavant sans fortune ni entregent, dont les cartes de visite ne sont plus que des gages en papier, est à présent condamné à s’enferrer dans un déni communicationnel forcené. Pendant que ses majordomes, dans un futur proche, lui téléphoneront que le château brûle mais qu’à part ça, madame la marquise, tout va très bien.

Il est parfois très simple de reprendre le chemin vers la souveraineté : il s’agit simplement de quitter une équipe qui perd et de se remettre au travail plutôt que de compter sur un héritage condamné à l’extinction.

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