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Démographie
Le péril oublié

Une réflexion sur l'augmentation effrénée du nombre d'êtres humains sur Terre. Un texte éthéré à la recherche de pistes de réflexion sur un sujet majeur. 

Le péril oublié
Louis BACHOUDEcrivain (Abonné)
Publié le 13 juillet 2020

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Qu’est-ce qui nous arrive ? Des turbulences en toute région et toute pensée. Des crises de civilisations, des crises économiques, des crises territoriales, des crises sociales, des crises sanitaires et maintenant des émeutes raciales se répandent sur le monde.

Les politiques qui ne sont que de passage et sans responsabilité matérielles ou physiques se font élire par défaut de vote. Seule la société civile qui a l’expérience de la vie au quotidien dans les différentes démocraties, et qui sait la nécessité pour chaque humain de se projeter au moins sur le moyen-long terme, subit ces désordres, en analyse les causes, les conséquences et cherche les chemins qu’elle va tenter de rendre exemplaires pour un « grand retournement » des sociétés humaines.

Un sursaut s’impose.

Tout processus de changement débute par la lucidité.

Regarder en face ce qui ne va pas dans notre monde car nous sommes maintenant mondiaux.

Posséder la capacité de reconnaître nos frustrations, nos manques, nos échecs;

Tenter de trouver des solutions communes ;

Et enfin,

Concrétiser.

La première et la plus active crise pour notre planète est la démographie exponentielle de l’homme.

L’homo sapiens est devenu le cancer métastasé de la nature.

La flore et la faune sont détruites au rythme effréné d’une extinction, affectées au fil des âges par le peuplement effréné du monde.

Au paléolithique supérieur, il y a 35.000 ans, la population mondiale était d’un million d’homo sapiens.

Avec la sédentarisation elle a augmenté considérablement, et en l’an cinq mille avant J.C., elle était de dix millions. Ensuite c’est le domaine de l’extraordinaire.

Depuis l’an 1 de l’ère chrétienne, la référence traditionnelle, la population mondiale est passée de 250 millions à quasiment sept milliards sept cent millions aujourd’hui.

Il est inévitable de se demander s'il faut s'en réjouir.

Les conditions de vie actuelles, le changement climatique laissent supposer que l'heure de la halte est venue.

Cette dernière peut d’ailleurs être aussi difficile à gérer que la croissance économique.

Les gouvernements simulent de mésestimer la finitude d’un monde dans lequel notre multitude accapare allègrement les richesses et détruit l’équilibre de la nature.

Nos enfants mériteraient une planète viable. Cependant aucun Etat démocratique actuellement ne se préoccupe ouvertement de ce problème. Chacun préfère le quantitatif d’une population productive et consommatrice.

Quant aux responsables politiques, ils sont tétanisés par le danger qui existe et se cachent derrière les décisions de ceux qui les ont précédés. De plus la carrière politique en démocratie est la seule où la responsabilité pour des actions ayant échoué est assumée par les autres.

Les Etats dictatoriaux, capitalistes-maoïstes, corrompus ou soumis à d’autres, luttent par la quantité de leurs habitants et/ou la richesse de leurs propres territoires pour devenir incontournables, soit par leur production peu coûteuse, soit par la valeur de leur sous-sol, soit par l’importance de leur consommation. Les autres états sont des « Etats-Banques ».

Les considérations démographiques ont donc toujours été comprises comme un concept d’intérêts purement économiques et nationalistes. De plus la natalité touche à la liberté individuelle et aux religions, qui, au moins en apparence, sont sacrées en tous pays démocratiques.

Mais dans vingt ans, le Monde se trouvera avec près de dix milliards d’humains et le reste des terres arables ne pourra les nourrir.

La société occidentale consomme à l’excès les ressources naturelles dont elle n’est pas toujours détentrice et qu’elle soustrait aux nations qu’elle domine économiquement. Les Chinois, sous forme de prêts en nature ou irremboursables, appliquent avec encore plus de dynamisme cette politique dans les pays où les citoyens sont en retard dans le développement social et survivent sans possibilité consumériste, comme aux Indes, au Vietnam, au Pérou, au Soudan, etc.

Pour vivre sur terre avec les pratiques adoptées actuellement, exister comme un Français nécessite trois planètes, comme un Américain environ six.

Aujourd’hui il faudrait pour le besoin « moyen » du terrien, 2 planètes.

Il est donc difficile pour un Occidental d’empêcher les autres pays tels la Chine, l’Inde, etc. de se développer économiquement au mépris d’une morale démocratique et écologique occidentale que nous venons de définir pour nous sauvegarder. Dans le même temps, l’Afrique augmente sa population et sera le continent du XXIème siècle qui agira sur toutes les politiques de l’Europe et ensuite globalement sur la planète.

Le modèle occidental est l’exemple suivi ces derniers siècles par le monde entier.

Or nous sommes dans un monde fini, en regard d’une croissance exponentielle de la population et de ses besoins en ressources. Il est manifeste que cette demande de moyens incommensurables par rapport aux possibilités terriennes, qui sont limitées, trouve déjà sa limite. D’où la naissance des sciences de l’écologie dans les nations alors qu’Aristote et Théophraste l’étudiaient déjà avant Jésus Christ.

« Tant que les hommes massacreront les Bêtes, ils s'entre-tueront » disait Pythagore.

La seule solution connue, en dehors des fléaux, est la Formation des femmes et hommes.

« Wolfgang Lutz dit souvent que l’organe reproducteur humain le plus important est l’esprit. Si vous changez la visio qu’ont les gens de la reproduction, vous changez tout ».

La société civile peut s’appuyer sur les statistiques des naissances depuis les siècles derniers et elle comprendra que l’organe véritablement reproducteur le plus important de l’humain est l’esprit.

Face à l’explosion démographique de l’Afrique, les sociétés civiles de nos démocraties doivent s’affirmer comme les forces qui doivent promouvoir au Maghreb et en Afrique, la construction de plus d’écoles, qu’elles soient techniques, d’apprentissage, théoriques et d’universités spécialisées sur les thématiques nécessaires pour permettre l’autonomie de chacun dans n’importe quel pays.

L’expansion de l’éducation et de la formation des femmes fait baisser automatiquement la natalité. L’exemple du Maroc qui au Maghreb est le pays le plus éduqué est clair. Il a atteint son plus haut niveau de natalité en 2010 avec près de 21 naissances pour 1.000 habitants.
Depuis 2010, le taux de natalité marocain ne devrait pas cesser de décliner progressivement pour atteindre 14,8 naissances pour 1.000 habitants en 2030.

La première loi que nous tirons de la démographie exponentielle est donc l’obligation pour les nations, pour le monde, de recourir à plus de sobriété et plus de formation. Particulièrement pour les femmes afin de les rendre autonomes et compétentes pour choisir leur vie.

L’école devra fondamentalement se réinventer en Occident et s’ouvrir à tous les besoins africains par la création de partenariats, d’écoles, et d’universités en chaque nation du continent en croissance. Nous avons la chance encore que l’anglais et le français soient les langues majoritaires de ce continent en renouveau.

L’instruction n’est pas un produit.

L’ambition du savoir pour les enfants, filles ou garçons, européens et africains, afin de développer leur libre arbitre n’est pas une option, mais une obligation.

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