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Souveraineté
Le souverainisme face à l’insécurité du monde

Le monde contemporain est incertain. Les menaces sont réelles. L’ouverture des frontières, longtemps présentée comme un progrès, a bousculé les équilibres anciens et produit de multiples souffrances individuelles et sociales. La France a plus que jamais besoin de sécurité.

Le souverainisme face à l’insécurité du monde

Le monde contemporain est incertain. Les défis sont nombreux. Les menaces sont réelles. Les tendances à l’accumulation et à la concentration (de populations, de richesses, de pouvoirs) sont de plus en plus manifestes. L’ouverture des frontières, longtemps présentée comme un progrès, a bousculé les équilibres anciens et produit de multiples souffrances individuelles et sociales. La France a plus que jamais besoin de sécurité.

Faute d’un juge de paix global, fixant des règles du jeu partagées, le monde bascule peu à peu dans la sauvagerie. Tant que le champ restera ouvert aux pulsions les plus mortifères de l’humanité, aucun projet collectif ne tiendra durablement. Les multinationales continueront à espionner, piller ou racheter à bon compte les petites entreprises innovantes. Les grandes puissances continueront d’exploiter les richesses des pays pauvres ou désarmés. Les médias dominants continueront à ignorer ou à calomnier les opinions dissidentes.

L’esprit de compréhension, de coopération et de partage recule. Les insécurités (sociales, économiques, politiques, militaires) triomphent. Dans le crépuscule qui s’annonce, les voix raisonnables peinent à se faire entendre au milieu du concert d’émotions inquiètes. Le monde, et donc la France, a besoin de sécurité. Et notamment de solutions concrètes, non de promesses abstraites.

Les discours à la mode, qu’ils soient libre-échangistes ou altermondialistes, ont ceci de commun qu’ils promettent un monde meilleur (plus prospère ou plus solidaire) sans pouvoir le démontrer dans les faits. A l’inverse, des politiques pragmatiques et souverainistes, déjà mises en œuvre dans plusieurs pays, démontrent chaque jour leur pertinence par leurs résultats économiques, comme en Suisse, en Norvège, en Islande ou au Royaume-Uni, pour ne citer que des exemples européens.

On peut donc se demander raisonnablement si le souverainisme n’est pas à même de répondre au besoin de sécurité de notre temps.

Parce qu’il dénonce la concurrence déloyale d’entreprises sans foi ni loi et souhaite établir des mesures protectionnistes, le souverainisme développe une sécurité économique pour les entreprises nationales, et notamment ses PME, les plus créatrices en termes d’emplois et d’innovations. Première sécurité.

Parce qu’il lutte contre le dumping social éhonté de pays à bas coût de main d’œuvre, il rétablit une sécurité sociale pour des millions de travailleurs nationaux, et l’espoir d’une amélioration économique pour les plus fragiles. Deuxième sécurité.

Parce qu’il dénonce l’influence de lobbies et d’intérêts économiques souvent étrangers à l’intérêt national ou général, il promeut une sécurité démocratique afin de rétablir une expression réellement pluraliste, préalable indispensable à un débat public serein. Troisième sécurité.

Parce qu’il se dresse contre le soft power et l’influence culturelle issus de puissances à l’influence et aux arrière-pensées notoires, il défend ouvertement une sécurité du patrimoine culturel local et national, richesse inestimable et trop souvent taxée « d’exception » par ses contempteurs. Quatrième sécurité.

Parce qu’il veut se défendre face aux influences politiques et militaires de puissances rivales, dominantes ou agressives, le souverainisme réarme la sécurité physique et territoriale du pays, préalable à son libre développement. Cinquième sécurité.

Les discours récents sur la « souveraineté européenne » ne sont pas sérieux. L’Union européenne n’assure aucune des formes de sécurités précitées. Elle laisse les peuples qui la constituent désarmés et démunis face à toutes les menaces (commerciales, politiques, culturelles et bientôt militaires) qui émergent aujourd’hui. Que vaut un suzerain lorsqu’il n’est pas en mesure de protéger ses vassaux ? Ne dit-on pas qu’il vaut mieux cheminer seul que mal accompagné ?

Nous nous trouvons actuellement à la croisée des chemins. Un carrefour politique, économique et culturel qui nous interroge collectivement et individuellement.

Nous pouvons poursuivre le chemin emprunté depuis plus de 30 ans, en renouvelant notre confiance à des dirigeants non élus (multinationales, commissaires européens, banques centrales), en poursuivant la désintégration industrielle et agricole de notre pays (partiellement compensée par quelques subventions publiques savamment dosées) et en érigeant l’individualisme consumériste et l’identité communautaire (religieuse, raciale et/ou européenne) comme horizon indépassable de notre civilisation.

C’est une voie de facilité qui ne nécessite aucun effort particulier, si ce n’est de profiter pour ceux qui profitent déjà, et de souffrir pour ceux qui souffrent déjà.

Mais nous pouvons aussi bifurquer. Lutter pour retrouver une authentique démocratie (représentative, directe, ou les deux), protéger et soutenir les fermes et les usines qui restent, et reconsidérer notre rapport aux autres et aux choses, en retrouvant le sens du collectif et de la prise de conscience d’intérêts stratégiques supérieurs, tout en laissant une place pour chacun. La Commune et la Nation sont deux échelons qui ont démontré leur pertinence à faire société et donner du sens aux individus.

Reprendre son destin en main n’est pas confortable a priori. Il implique de faire un certain nombre de choix, parfois de ruptures avec le passé. Mais c’est un chemin d’émancipation, de dignité et d’affirmation individuelle et collective. Un chemin qui ouvrira de nouvelles perspectives et qui permettra aux Français de regarder leur avenir avec d’autant plus de confiance, et donc de sécurité.

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