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Gilets jaunes
Nîmes: 65 ans, un gilet-jaune au mitard

Dans le Gard, le gilets-jaune Roland Veuillet, qui a été condamné le 2 juillet à une peine de 6 mois de prison ferme en raison de ses activités militantes, vient d'être placé en cellule disciplinaire pour avoir protesté contre ses conditions de détention indignes. Il dénonce un acharnement judiciaire.

Nîmes: 65 ans, un gilet-jaune au mitard
frontpopulaire.fr
Publié le 29 juillet 2020

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Depuis le 31 mai dernier, Roland Veuillet, syndicaliste et gilet-jaune, est emprisonné à Nîmes. Le 2 juillet, il a été condamné à un an de prison, dont six mois fermes, assortis d’un mandat de dépôt.

Est reprochée au gardois sa participation au mouvement des gilets-jaunes en violation d’un contrôle judiciaire qui lui interdisait de se rendre aux manifestations sur les ronds-points.

Roland Veuillet est en outre accusé de délits complémentaires liés à sa présence dans ces mobilisations — certains ne relevant d’ailleurs pas plus de son fait que de la responsabilité des autres manifestants: entrave à la circulation, participation à un attroupement, rébellion, dénonciation calomnieuse, outrage… Des faits qu’il a fermement niés à son procès, auquel il a lui-même assuré sa défense. 

A la condamnation injuste que dénonce Roland Veuillet s’ajoutent des conditions de détention déplorables. Âgé de 65 ans, celui qui faisait partie du groupe ayant apostrophé Emmanuel Macron à Lunel en 2016 lors de la fameuse discussion sur le « meilleur moyen de se payer un costard », est incarcéré à Nîmes, prison particulièrement insalubre où le taux d’occupation atteint 200% des capacités de l’établissement. 

Dans une cellule de 9m² avec deux codétenus, il est contraint de dormir et manger à même le sol tant la place manque, en violation de toutes les lois nationales et européennes quant au traitement des prisonniers. Roland Veuillet souffre aussi du manque absolu de ressources culturelles, la bibliothèque de la prison étant close. 

Aujourd'hui, c’est un nouveau combat qui s’ouvre pour le militant gardois. Car cet ex-syndicaliste sur les chantiers navals, fort d’une expérience de lutte contre les fermetures d’usines, réclame son élargissement en vertu d'un arrêt de la Cour de cassation qui rend possible la libération de prisonniers en cas de traitements inhumains.

Roland Veuillet a associé à cette entreprise d’autres détenus pour qui il rédige des demandes de mise en liberté. Le 17 juillet, alors que les surveillants s’étaient mis en grève, lui et une cinquantaine de prisonniers ont réfusé de regagner leurs cellules insalubres.

Suite à ces actions, Roland Veuillet a été convoqué en conseil de discipline le 29 juillet puis placé au « mitard », où l’accès au téléphone lui est refusé, de même que l’obtention de journaux.

Le gilet-jaune voit dans ces mesures une manoeuvre destinée à le punir de son témoignage, publié dans un hebdomadaire régional, sur ses conditions de détention indignes. 

Un comité de soutien a récemment été créé. Tous les mercredis, des proches et des anonymes se rendent devant la maison d’arrêt pour protester contre l’acharnement dont est victime le militant: «on est là, on est là», chantent-ils dans la tradition des gilets-jaunes, pour Roland Veuillet et tous les autres.

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