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Jacqueline Sauvage: Macron promoteur du mensonge Abonnés

Jacqueline Sauvage vient de mourir, ce qui a permis de constater une fois de plus que, grâce aux journalistes paresseux et menteurs, aux militants cyniques sans principe et aux naïfs accrochés à leurs croyances, certaines légendes pseudo-féministes ont encore de beaux jours devant elles.

Jacqueline Sauvage: Macron promoteur du mensonge

Cette fois-ci, le premier des promoteurs du mensonge fut le chef de l’État en personne. "Promoteur" parce que le tweet qu’il a publié ce 29 juillet démontre qu’il savait très bien ce qu’il faisait: "Jacqueline Sauvage s’en est allée libre. Elle était devenue le symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes. Ce combat, grande cause du quinquennat, nous continuerons sans relâche à le mener. Mes pensées vont à ses proches."

Vous avez raison monsieur le président, Jacqueline Sauvage est devenue un symbole, mais c’est là tout le problème! De sorte que parrainer le discours de ses partisans (relayé par une dépêche AFP confinant à la fake news et par la rediffusion en urgence sur TF1 d’un téléfilm truffé d'erreurs) revient à insulter en même temps la vérité et la mémoire de l’homme abattu par Jacqueline Sauvage.

Les Romains disaient: "De mortuis nihil nisi bonum." (Des morts: rien sinon le bien). On va préférer la formule de Voltaire: "Nous devons des égards aux vivants. Aux morts nous ne devons que la vérité."

À l’annonce de son décès, toute la presse nous a décrit Jacqueline Sauvage comme la victime pendant des dizaines d’années d’un mari violent. Jusqu’à en faire "le symbole des violences conjugales". Cette présentation est tout simplement fausse.

La vérité est que Jacqueline Sauvage n’a pas été victime des violences de son époux, Norbert Marot, qu’elle a froidement exécuté de trois balles dans le dos. Une instruction judiciaire très complète, et deux décisions de cour d’assises l’ont irréfutablement établi. Malgré cela, pas un journaliste pour sauver l’honneur.

Rappelons, et c’est essentiel, que Jacqueline Sauvage avait été condamnée par deux cours d’assises successives à 10 ans de réclusion criminelle pour son meurtre Une instruction rigoureuse et deux audiences fort longues devant deux juridictions différentes avaient abouti à cette décision. Ceux qui se sont donné la peine de se pencher vraiment sur le dossier ne peuvent que partager cette conviction.

Car rien n’a permis d’établir l'existence de violences congugales pour justifier le meurtre de Norbert Marot: ni témoignage, ni plainte. Au contraire, des investigations et des expertises psychiatriques ont fait apparaître le profil d’une femme autoritaire et brutale. Ce travail de la justice a impliqué une cinquantaine de personnes, magistrats, policiers, jurés et ce n’est absolument pas un hasard si la cour d’assises d’appel a complètement confirmé le premier arrêt.

On rappellera également qu’incarcérée, Jacqueline Sauvage se signala à l’administration pénitentiaire par un comportement arrogant et brutal, puisqu’elle n’hésita pas à frapper une de ses codétenues, compagne de cellule. Ses deux demandes de libération conditionnelle furent refusées par le juge de l’application des peines en raison précisément de son attitude, décisions qui furent confirmées par la juridiction d’appel.

Mais, pour les militants et la sphère des féministes people qui les soutiennent, foin de la vérité. Les réseaux numériques sociaux furent massivement mobilisés pour lancer une campagne furieuse dans le but d’obtenir la grâce présidentielle de la meurtrière. La campagne, assez stupéfiante par rapport à la réalité des faits, amena François Hollande, jamais en retard d’une finasserie, à accorder une grâce totale en deux temps.

Inutile de préciser que cette grâce fut perçue comme une insulte par les magistrats, experts, jurés populaires, juges de l’application des peines, qui avaient fait leur travail de façon méritoire et rigoureuse. On conseillera la lecture du livre La Vérité sur l’affaire Sauvage (Stock) d’Hélène Mathieu et de Daniel Grandclément qui rétablissait la vérité. L'ouvrage n’a curieusement bénéficié d’aucune couverture de presse pour rapidement tomber dans l’oubli...

En revanche des professionnels du show bizz se sont emparés de cette fausse cause pour réaliser un assez abject téléfilm en forme d'insulte à la mémoire d’un homme qui, s’il n’était pas un modèle, n’était pas non plus le monstre dépeint par la fiction.

Au moment de la première diffusion de "Jacqueline Sauvage; C'étit lui ou moi", les batteurs d’estrade soucieux de prendre la pose l’avaient accompagné d’une pétition en forme d’adresse au président de la République. Et la petite cohorte des démagogues utilisant cette mauvaise action et se servant de ce mensonge avançaient à nouveau l’effarante revendication de "la légitime défense différée" qui n’est rien d’autre qu’un permis de tuer.

François Hollande a ainsi gracié Jacqueline sauvage par couardise politique. Action qu'Emmanuel Macron vient de valider cyniquement par petit calcul politique, n’hésitant pas au passage à finalement insulter la justice, ses magistrats et ses jurés.

Il est probable que nous aurons bientôt dans les quelques villes récemment conquises par les verts des rues Jacqueline-Sauvage. En attendant, d’ici quelques temps, les mêmes causes produisant les mêmes effets, le même genre d’hommage pour Adama Traoré.

Je m’étais donné le mal, lorsqu’avait commencé la campagne médiatique en faveur de Jacqueline Sauvage, d’étudier le dossier judiciaire et les témoignages relatifs à cette affaire pour essayer de rétablir la réalité.

Aujourd’hui j’ai la drôle d’impression d’avoir travaillé en vain. Qu’ils soient militants, saltimbanques, ou président de la République , les menteurs, les bateleurs, les commerçants en émotions et les lâches semblent l’avoir emporté.

Décidément, la vérité et la société du spectacle, dont Emmanuel Macron est un éminent représentant, ne font pas bon ménage. 

Publié le 2 août 2020
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