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Avortement: Un débat confisqué

Approuvée il y a quelques jours par l’Assemblée nationale, la nouvelle loi bioéthique inclut la possibilité de pratiquer jusqu’au dernier mois de grossesse un avortement en raison d'une "détresse psychosociale". Un ajout voté in extremis ce week-end par une poignée de parlementaires qui auront à peine débattu du sujet. De quoi donner une fois encore raison à ceux qui dénoncent les errements de notre démocratie.

Avortement: Un débat confisqué

Dans la nuit de vendredi à samedi, l’Assemblée nationale a sans surprise adopté en deuxième lecture la réforme bioéthique voulue par la majorité présidentielle.

Ce projet de loi avait catalysé les débats autour de l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) "pour toutes". Mais le texte contient également quelques surprises dont les médias ont pourtant peu parlé. Parmi elles, un amendement loin d'être anodin: l’extension de l’interruption médicale de grossesse (IMG).

Pour rappel, l’IMG est un avortement qui peut être réalisé jusqu’à la fin de la grossesse si l’enfant à naître est atteint d’une affection particulièrement grave et incurable ou si la grossesse met en péril la santé de la mère. Elle se distingue donc de l’interruption volontaire de grossesse (IVG), qui, elle, est possible dans le délai plus court de 12 semaines de grossesse sur demande de la mère.

L’amendement au projet de loi bioéthique dispose précisément que le péril mettant en danger la santé de la mère peut désormais résulter d’une "détresse psychosociale", terme flou au plan juridique comme médical. Beaucoup craignent dès lors l'ouverture d'une brèche vers la pratique d’IVG hors du délai légal.

La question du droit à l'avortement, vitale si l'on ose dire, avait jusqu'à présent été traitée en France avec un certain zèle démocratique. On se souvient qu'en 1975, Simone Veil s'était (quoi que l'on puisse penser sur le fond de la loi qui porte son nom) donné la peine de justifier et de préciser longuement sa position auprès de la représentation nationale et de la presse.

45 ans plus tard, quelques pseudo progressistes préfèrent voter en catimini l'extension de l’IMG, qui plus est au moyen d’un cavalier législatif soigneusement occulté grâce au débat sur la PMA. Manqueraient-ils de respect à l'égard du peuple souverain? Non, vous n’y pensez pas !

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