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Voir que la production électronucléaire est sûre, propre et bon marché

Certains commentaires suscités par mon article: « Transition énergétique: chronique d’une catastrophe annoncée », ont énoncé quelques contrevérités et approximations que je tiens à corriger dans l’intérêt des Français, mais aussi pour consolider la réputation de robustesse des contributions au débat public, que FP se doit impérativement d’acquérir.

Voir que la production électronucléaire est sûre, propre et bon marché

Certains commentaires suscités par mon article de Jeudi 13 août, « Transition énergétique: chronique d’une catastrophe annoncée », ont énoncé quelques contrevérités et approximations que je tiens à corriger dans l’intérêt des Français, mais aussi pour consolider la réputation de robustesse des contributions au débat public, que FP se doit impérativement d’acquérir.

La pédagogie développée ci-après porte sur les trois axes regroupant l’essentiels des préoccupations de nos compatriotes dangerosité du nucléaire, déchets-démantèlementset coûts.

Dangerosité du nucléaire

Pour ce thème, il me suffit de renvoyer le lecteur à l’article de Causeur, dont je suis l’auteur.

Déchets - démantèlement

Certes, l’entreposage en surface des déchets radioactifs se fait aujourd’hui dans des conditions de sécurité irréprochables, mais sa pérennisation abusive tendra à l’exposer à des bouleversements environnementaux, aux incertitudes sociétales et même à la malveillance fanatique.

Capacité de confinement du stockage géologique : un stockage géologique apparait comme un système robuste formé de plusieurs barrières superposées dont chacune a une capacité de protection et de rétention des radioéléments sur le très long terme. Des remparts technologiques successifs ont ainsi été disposés à environ 500 mètres de profondeur, sous une couche de roche argileuse vieille de 150 millions d’années, stable durant toute cette période, homogène et très peu perméable, constituant, à elle seule, une barrière quasi infranchissable : il faut 10 000 ans à une goutte d’eau pour se déplacer d’1 centimètre, dans cette roche.

Protection des populations à l’échelle géologique : Le stockage des déchets radioactifs à vie longue ne s’organise pas à l’échelle du temps humain mais à l’échelle du temps géologique. La matrice de verre dans laquelle sont confinés ces déchets, les conteneurs, la barrière ouvragée et la couche géologique organisent un confinement global dont la durée, mesurée en millénaires, couvre très largement celle de la dangerosité de ces déchets et s’étend même au-delà.

Radioactifs des centaines de milliers d’années ? : Tout est et restera radioactif dans notre environnement : notre corps, l’eau que nous buvons, l’air que nous respirons, la terre des pots de fleurs… La vraie question à considérer n’est pas celle de la durée mais celle de l’intensité de cette radioactivité. 90% des déchets nucléaires ont des périodes de décroissance radioactive inférieures à 30 ans et perdent rapidement, en 200 ans, l’essentiel de leur radioactivité. Quant à la plupart des déchets à vie longue, les produits de fission (98% du mélange) voient leur radioactivité se rapprocher de celle de l’uranium naturel, après environ 300 ans.
Quant à l’inventaire radioactif des actinides mineurs de période plus longue que les radioéléments précédents, dont la disparition complète n’est pas attendue avant des centaines de milliers d’années, il est négligeable en regard de l’inventaire radioactif des environnements naturels, présents dans une écorce terrestre loin d’être l’antre du paradis terrestre…

Déchets à l’abri dans le stockage profond : À 500m de profondeur, Cigéo est à l’abri des phénomènes climatiques et météorologiques extrêmes, des inondations, séismes, érosions et autres glaciations… Il est également protégé des chutes d’avion, des intrusions humaines, fortuites ou malveillantes.

Oklo : les déchets n’ont pas bougé en 2 milliards d’années... : l’existence même de gisements d’uranium restant en place sur d’aussi longues durées est une démonstration de la capacité de l’environnement géologique – et tout particulièrement de l’argile – à empêcher ou à ralentir considérablement la migration des matières radioactives. À Oklo, au Gabon, dans une zone alors très riche en uranium fissile, se sont spontanément « allumées », il y a 2 milliards d’années, des réactions de fission en tout point semblables à celles que l’on entretient dans nos centrales nucléaires, qui ont perduré un million d’années et qui ont produit plusieurs tonnes de déchets exactement identiques aux déchets de haute activité que nous devons gérer aujourd’hui.

En cas de défaillances et de dysfonctionnement : quelles conséquences ? : Sous le contrôle de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, de la Commission Nationale d’Évaluation et en liaison avec de nombreux organismes français et étrangers partenaires, l’Andra (Agence Nationale des Déchets Radioactifs) a bâti des scénarios « altérés » renvoyant aux dysfonctionnements les plus graves pouvant affecter les éléments-clé de l’équipement… Dans tous ces cas de figure qu’illustrent ces scénarios dégradés, les protections [de Cigéo] se combinent et se relaient pour concourir à la solidité de l’ensemble. Même si l’on fait l’hypothèse que leurs performances individuelles se dégradent jusqu’à la frontière de la vraisemblance, leur combinaison permet encore d’assurer la sûreté du stockage.

Réversibilité : un futur qui reste ouvert : il ne faut pas écarter l’hypothèse que, dans une période plus ou moins rapprochée, les ingénieurs de demain aient l’idée de réaménager certains dispositifs du stockage, voire de retraiter certains déchets, à l’aide de procédé aujourd’hui inconnus. Cigéo doit donc être conçu de telle sorte que les générations futures puissent récupérer les colis. C’est la « réversibilité » stipulée par la loi du 28 juin 2006, aux termes de laquelle l’accès aux colis devra être maintenu pendant au moins une centaine d’années et au-delà, si les futurs décideurs le jugeaient opportun.

Les coûts de Cigéo et les retombées économiques régionales : Les évaluations d’un montant de 25 milliards d’euros portent sur un siècle et comprennent l’investissement initial, les dépenses de personnel, les charges d’exploitation et d’entretien, les dépenses de R et D, les assurances, les impôts et les taxes.

Le coût d’exploitation de Cigéo seraient de l’ordre de 250 millions d’euros par an, un ordre de grandeur en cohérence avec les coûts d’exploitation d’un réacteur nucléaire moderne, dans lesquels le coût du stockage des déchets représente de 1% à 2% du coût total de la production d’électricité. Précisons que les producteurs sont tenus par la loi de provisionner les sommes correspondantes, des mécanismes devant être régulièrement contrôlés et révisés. Ces provisions étant répercutées dans le prix de vente actuel du kilowattheure, elles font peser l’essentiel du financement du futur stockage des déchets produits par ses générations d’aujourd’hui sur le consommateur d’aujourd’hui.

En conclusion, il faut mettre au regard des coûts de Cigéo ses retombées positives pour le développement régional, en termes d’emplois directs et indirects (plusieurs milliers), ainsi que les programmes d’accompagnement prévus dans le cadre d’un « schéma de développement du territoire ».

Coûts

L’essentiel de ce qu’il faut savoir sur les coûts du nucléaire tiens dans l’information ci-dessus repérée par le renvoi à laquelle il convient d’ajouter que non seulement le consommateur paie l’essentiel du coût de démantèlement de nos centrales dans le prix facturé du kilowattheure le moins cher de tous, mais paie également le coût de tous les déchets produits au cours de leur exploitation ; les chiffres officiels des provisions correspondantes, suivis de très près par la Cour des Comptes, sont facilement accessibles.

On ne peut, hélas, en dire autant d’un démantèlement éolien au coût faramineux, qui n’aura probablement jamais lieu et lèguera à l’environnement de nos enfants le sinistre héritage de dizaines de millions de m3 de béton à jamais enfouis dans le sol de nos campagnes.

Je conclurai en informant mes compatriotes que, pour leur service rendu ô combien indigent, les énergies renouvelables reçoivent chaque année quelque 5 milliards d’euros de subventions, sous différentes formes, l’essentiel au profit de l’éolien et du solaire, que, selon un rapport de la CRE de début d’année, de 2011 à 2017, le seul solaire a reçu 13,8 milliards de subventions, soit plus que le coût prohibitif de l’EPR (!), à savoir, respectivement : 0,8 M, 1,7 M, 1,9 M, 2,2 M, 2,4 M, 2,4 M, 2,4 M…

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