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Industrie textile : l’heure de la reconquête française ?

Après plus de 30 ans de délocalisations, le Covid-19 a accéléré la mutation de la filière textile française et lancé les bases d’une réindustrialisation locale. La France ambitionne de créer entre 10 000 et 15 000 emplois par an.

Industrie textile : l’heure de la reconquête française ?
Publié le 31 août 2020

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Depuis les années 70, l'industrie textile française fait face aux délocalisations, qui ont supprimé 2 millions d'emplois sur le territoire national : les métiers à tisser et ateliers de confection français se sont redirigés vers l’Europe de l’Est et les pays du Maghreb, prêts à sous-payer une main d’oeuvre abondante. Un schéma infernal qui augmente encore au début des années 2000 avec la fin des quotas sur les importations textiles, permettant aux entreprises françaises d’accéder aux productions du marché asiatique : des matières premières très peu chères – et tant pis si la qualité n’est pas au rendez-vous-, une main d’oeuvre prête à travailler pour un salaire de misère, et des normes sanitaires inexistantes. Ou le trio parfait du produire plus, plus vite, et surtout moins cher... Entre 2006 et 2015, l’Insee estime que l’industrie textile française a perdu 530 000 salariés, une chute qu’aucun autre secteur n’a connu. Entre 1996 et 2015, la production s’est effondrée de 51 % pendant que dans le même temps, les importations étrangères ont été multipliées par deux.

Mais l’industrie textile française qui a perdu plusieurs batailles n’a pas perdu la guerre. Et elle croit à la possibilité de créer à nouveau des emplois. A deux jours de l’annonce du plan de relance de l’économie française et alors que le Salon du Made in France s’ouvre demain à Paris, les petites entreprises hexagonales sont déterminées à prouver que la filière textile française peut se relever.  « Entre 3 et 5 % des vêtements sont aujourd’hui produits en France. Si on doublait ce pourcentage, on pourrait créer entre 10 000 et 15 000 emplois par an » , a affirmé dans Ouest-France Marc Pradal, le président de l’Union française des industries de la mode et de l’habillement (UFIMH) et PDG de Kiplay, une PME familiale basée dans l'Orne.  

Signe encourageant, une commission sur la production de proximité et la redynamisation de la filière française s’est ouverte en mai dernier. Elle reposait sur quatre piliers : la stratégie de la filière française et l’impact sur les coûts, l’indépendance industrielle, l’amélioration de l’outil industriel et les mesures fiscales propres à soutenir les entreprises. Une trentaine de propositions ont découlé de cette commission et des annonces devraient être faites cette semaine dans le cadre du comité stratégique de filière.

Un défi exigeant qu’il faudra relever sans compter sur l’Etat, le gouvernement n’estimant pas que le secteur soit prioritaire... Car si les relocalisations font bien partie du plan de relance français présenté cette semaine par le gouvernement Castex à hauteur d’un milliard d’euros, les aides ne concerneront pas le textile mais cinq secteurs jugés « d’avenir » : l'agroalimentaire, la santé, les intrants critiques, les médicaments et les objets connectés..

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