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L’altérité utile Abonnés

OPINION. Mais qui donc est l’autre ? Un inconscient qui n’éternue pas dans son coude ? Un raciste qui vote Zemmour ? Un héros ukrainien incarnant depuis quelques semaines l’honneur et le courage ? Alors qu’elle est dans toutes les bouches, l’altérité est, plus que jamais, mise à rude épreuve.

L’altérité utile


Il y a ce que l’on fait pour autrui, et il y a ce que l’on fait de lui. À première vue, autrui se porte bien. On l’a protégé voilà deux ans d’un nouveau virus meurtrier à grand renfort de mesures implacables. Il est désormais au centre de l’attention depuis quelques semaines, car autrui, pour l’heure, est ukrainien. Par éclaircies, autrui est aussi migrant, handicapé, femme ou stigmatisé, plus rarement : transgenre. Autrui est plus que l’ami de l’Occident. Autrui est sa colonne vertébrale, sa peau, ce qu’il voit, ce qu’il pense. C’est beau. On y croirait presque.

Hélas, Chesterton et Philippe Muray, avec son analyse du citoyen érotomane, sont passés par-là. Nous n’avons pas le choix. Arrachons donc les masques et confrontons — c’est bien à cela que les temps présidentiels doivent servir. Car l’ardeur occidentale pour le nécessiteux, démultipliée, surjouée, désormais européanisée (le pendant politique de l’auréole en...

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