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Ecologie
Abeilles en danger : stop aux ruches urbaines !

Avec le développement des ruches en milieu urbain, les abeilles domestiques se multiplient dans les villes, notamment à Paris. Des chercheurs alertent sur les risques que font courir ces colonies sur les autres pollinisateurs pourtant essentiels au maintien de la biodiversité.

Abeilles en danger : stop aux ruches urbaines !
Publié le 5 septembre 2020

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Face à l’inquiétant phénomène de rarification des abeilles, l’installation de ruches sur les balcons, toitures et jardins dans les centres-villes semblait une idée salutaire. Paris a fait figure de pionnière et compte aujourd’hui entre 1 500 et 2 000 ruches sur ses toits réparties entre les bâtiments historiques –L’Opéra de Paris, les Invalides, le Jardin du Luxembourg - les bois et jardins et les toits de certaines entreprises. Leur nombre est passé de 600 en 2016 à plus de 1500 en 2020.

Ces ruches urbaines sont colonisées par les abeilles domestiques capables de butiner presque toutes les fleurs et les abeilles sauvages qui ne peuvent butiner qu’une seule variété de fleurs. La ville représente, à la fois pour les abeilles domestiques et les abeilles sauvages, une sorte de refuge. A la campagne, l'agriculture intensive, les pesticides et la monoculture représentent de grands dangers pour celles-ci. En ville, la floraison est beaucoup plus longue, au moins de mars à novembre, et les abeilles trouvent des ressources en pollen et en nectar toute l'année.

Mais une étude menée en 2019 par la chercheuse en écologie Isabelle Dajoz révèle que dans un rayon de 500 mètres des ruches urbaines, plus les fleurs sont visitées par les abeilles domestiques moins elles le sont par les abeilles sauvages. La principale explication de ce phénomène c’est la consommation importante de ressources florales par les abeilles domestiques, jusqu’à ne plus en laisser à leurs congénères. L’étude d’Isabelle Dajoz révèle même qu’à Paris, les abeilles domestiques consomment à elles seules l’ensemble des ressources florales en nectars.

Un déclin qui inquiète apiculteurs et agriculteurs, car le rôle de l’abeille sauvage dans la biodiversité est primordial. Elle est largement reconnue pour sa contribution à la sécurité alimentaire et à la nutrition, et la pollinisation est un processus fondamental dans les écosystèmes terrestres naturels. Elle contribue de manière essentielle à la production alimentaire et établit un lien direct entre les écosystèmes sauvages et les systèmes de production agricole. Depuis plusieurs années, les professionnels réclament donc la restriction de l'installation de ces ruches en milieu urbain et recommandent de ne pas les concentrer sur les mêmes zones. Selon les estimations, il ne faudrait pas dépasser le ratio d’une ruche par kilomètre carré. Actuellement il y en a 15 par kilomètre carré à Paris.

Heureusement, de plus en plus de villes ont déjà pris conscience de l’ampleur des dégâts et ont mis en place des mesures restrictives. Besançon et Metz ont interdit en 2015 toute nouvelle installation de ruches sur le domaine public. L’an dernier, c’était au tour de la ville de Lyon de prendre la même décision. A Paris, Anne Hidalgo obsédée par son mirage écologique fait pourtant encore la sourde oreille…

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