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Photoreportage
Tant qu’il y aura des bergers Gratuit

Au cœur du Vaucluse, sur les pentes du mythique Mont Ventoux, aux côtés d’un berger. Aimé Montagard, dans le sillon de son père, perpétue la tradition. Passionné par son métier, attaché plus que tout à son art de vivre et à ses brebis, il fait, comme tant d’autres désormais, face au loup. Voyage en Provence.

Publié le 13 septembre 2020

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Natif de Bédoin dans le Vaucluse, Aimé Montagard est berger. A la tête d’un cheptel de centaines de brebis, il a suivi les traces de son père, qui avait ouvert la voie durant la seconde guerre mondiale avec, au départ, seulement trois bêtes. Aujourd’hui Aimé est certainement le plus gros éleveur de sa région.

Pour lui être berger c’est plus qu’un métier, c’est une passion. Un art de vivre même, qu’il pratique sur les pentes du mythique Mont Ventoux, sa terre natale, culminant à un peu plus de 1900 mètres. Il faut soigner les brebis, faire naître les agneaux, les mener aux alpages, les guider, et surtout désormais, avec l’aide des chiens, les protéger contre le loup.

La question est devenue sensible sur le Mont Ventoux. La réintroduction de l’animal a été le fruit d’une décision politique. Aimé Montagard, plutôt pudique et réservé d’ordinaire a envie de se confier. Il est ému et en colère. 170 attaques en trois mois. Certaines ont lieu en plein jour, en présence des douze chiens fidèles et du berger lui-même. Parfois à deux pas de lieux habités. La meute est estimée à vingt ou vingt-cinq loups.

Deux nouvelles attaques viennent d’avoir lieu : un agneau et une brebis tués à cinquante mètres de distance à deux jours d’intervalle.

Des demandes sont faites au préfet pour effectuer des battues. A ce jour elles sont restées lettre morte. La volonté politique fait défaut.

Si en globalement en France les bergers sont ( en partie ) dédommagés pour les pertes de leurs animaux, il n’en reste pas moins qu’ils ont de quoi se poser des questions. Car comme le dit Aimé : « Ce n’est pas une question d’argent, je n’élève pas des brebis pour nourrir le loup ». Et il se demande s’il ne va pas devoir quitter sa terre natale et faire autre chose alors que sa volonté est de rester sur ces alpages dont il connaît le moindre sentier, recoin, caillou.

Un reportage photo très touchant, avec, nous le précisons, quelques clichés un peu difficiles de brebis tuées par le prédateur, notre reporter étant sur place à ce moment auprès du berger. Laurent Cangioni nous a même précisé avoir pu, de nuit, la veille, apercevoir un loup à quelques dizaines de mètres.

Copyright Laurent Cangioni

Exclusivité pour Front Populaire

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