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L’art de contrôler le peuple

OPINION. Comment est-il possible à une extrême minorité de contrôler l’humanité ? Par un dressage savant. Le philosophe allemand Günter Anders écrivait en 1956 : « On ne mesure pas la puissance d'une idéologie aux seules réponses qu'elle est capable de donner, mais aussi aux questions qu'elle parvient à étouffer ».

L’art de contrôler le peuple

Comment est-il possible à une extrême minorité de contrôler l’humanité ? Par un dressage savant. Le philosophe allemand Günter Anders avait écrit en 1956 un ouvrage visionnaire intitulé « L’obsolescence de l’homme ». La citation qui suit résume assez bien sa pensée : « On ne mesure pas la puissance d'une idéologie aux seules réponses qu'elle est capable de donner, mais aussi aux questions qu'elle parvient à étouffer ».

Il y développe l’idée d’une stratégie non-violente, au sens physique du moins, qui permettrait de contrôler parfaitement les masses. On pourrait aisément modifier les critères d’enseignement, à savoir, apprendre aux élèves à lire, à écrire, et à compter, serait remplacé par un conditionnement d’insertion professionnelle.  Ceci aurait pour effet de limiter l’horizon de pensée. Dans un objectif de contrôle et de manipulation, il faut veiller à ce que les préoccupations du peuple soient basiques : boire, manger, copuler, regarder les matchs de football, écouter de la musique en conserve, etc. Il convient donc, dans cette hypothèse, de rendre l’accès au savoir de plus en plus difficile. Il est essentiel d’éradiquer la philosophie. Pas de violence physique, mais de la persuasion. La télévision est l’outil hypnotique par excellence. Le sujet fixe un point lumineux et le reste se fait en douceur. Par exemple, on voit une jolie femme utiliser un shampoing d’une telle efficacité et d’une telle douceur, qu’elle en est au bord d’un orgasme puissant. On peut voir aussi un gringalet conduire une voiture et se sentir un surhomme. Il conviendra donc aux femmes d’utiliser ce shampoing qui change l’existence au point d’atteindre au bonheur, et aux hommes d’acquérir cette voiture pour exacerber leur virilité défaillante. L’inconsistance, la stupidité de la publicité ne leur apparaîtra pas, car ils flottent en surface. Toute forme de réflexion ou de pensée est absente. Le standard du bonheur humain sera le shampoing ou la voiture. La mise en avant de la sexualité pourrait être aussi un facteur important pour l’accession au contrôle des peuples, car c’est un excellent tranquillisant social. Il faudra reléguer au second plan, tout ce qui est censé élever l’esprit et encourager la réflexion : la philosophie, l’art, la spiritualité. Il restera la futilité, et celui qui tentera d’y échapper sera exclus du troupeau, banni. Tout ce qui pourrait menacer d’éveiller l’Homme sera combattu farouchement. Sa lucidité doit être endormie. Toute action menée pour préserver son intégrité psychologique sera jugée subversive, voire terroriste, et tous ceux qui y adhéreraient traités comme des criminels, car sortis du prêt à penser.

Nous en sommes là. Günter Anders se montre un grand visionnaire. Aujourd’hui, une personne qui émet une opinion contraire à la pensée unique imposée par les autorités, se trouve taxé de fasciste, de nazi, de honte de l’humanité. Les journaleux parlent de cette personne avec dans les yeux, une expression de dégoût étonné. Comment peut-on oser avoir une opinion personnelle ? Certains chroniqueurs libres de pensée furent condamnés en justice pour avoir dit dans le passé, ce que les autorités ne peuvent plus nier aujourd’hui.

Ainsi, la dictature a changé de forme. Autrefois, la dictature s’habillait de mitraillettes et de miradors. Aujourd’hui, elle se dissimule sournoisement derrière la technologie et la psychologie. Qu’est-ce-que la dictature ? C’est le pouvoir confié à une seule personne ou à un groupe de personnes. Nous en sommes là aujourd’hui. Le peuple peut voter non, c’est le oui qui l’emportera. C’est ce qui s’appelle une dictature. Une presse à la solde des dirigeants : c’est de la dictature. Une fausse liberté d’expression, ou plutôt, une liberté d’expression soumise aux règles de la pensée unique, c’est de la dictature.

Cette nouvelle forme de dictature est des plus perverses et dangereuses, car elle ose se parer d’allure de liberté et d’humanisme. Ainsi, le peuple est endormi, soumis, content, résigné. Tout lui semble normal. Certains se rebellent ? Ils sont sanctionnés et diabolisés. Ils font partie des méchants. Les gentils sont ceux qui obéissent aveuglément au pouvoir en place. Ceux-là sont des esclaves amoureux de leurs chaines. C’est d’ailleurs ce sur quoi travaillent les autorités gouvernantes. L’esclavage a changé de forme, mais il existe toujours. On crée des associations qui luttent pour des leurres, qui mènent des combats qui n’ont aucun sens. Ceci présente l’avantage considérable, de manipuler et d’enfumer le peuple. Il existe des associations pour tout et n’importe quoi. Et elles sont écoutées, respectées, car elles sont utiles aux dirigeants qui les ont encouragées à se créer. Il ne serait pas étonnant de voir fleurir des associations de lutte contre la phobie des fleurs, ou bien encore contre les adeptes de la fellation ou de la sodomie.

Le peuple est abêti et formaté. Les gens s’insultent lorsqu’ils ne sont pas du même avis. Parfois, ils en arrivent à se battre. On ne peut pas dire que ce type de comportements soit révélateur d’une grande intelligence.

Pour contrôler le peuple, les gouvernants utilisent des techniques d’hypnose très élaborées. On focalise l’attention des masses votantes sur un objet précis, par exemple, un match de foot. Sachant que l’humain a un instinct grégaire très développé, la plupart suivront le troupeau. Celui qui ne le fera pas sera considéré comme un être à part, sorte d’alien immolé sur l’autel de la stupidité. D’autant plus que des serviteurs du pouvoir feindront de s’intéresser, voire de se passionner pour le match en question qui, à les en croire, pourrait changer le destin de l’humanité. Certains pseudo-artistes feront de même. Tout est fait pour limiter de champ de réflexion. Le peuple ne cherche même pas à penser par lui-même tant il est conditionné. Au plus, il commente ce qu’on lui impose sans chercher à évaluer le bon sens de la soupe qu’on lui sert. Cela aura vraisemblablement des conséquences dramatiques. Cela commence d’ailleurs. N’est-il pas paradoxal d’avoir interdit le recours aux services d’une personne qui se prostitue et de faire la promotion de la PMA qui conduit naturellement à la GPA ? Pire encore, dans quelques temps, les gens qui se reproduiront normalement seront considérés comme des attardés coupables de ne pas profiter des bienfaits des dernières découvertes scientifiques en matière de procréation. C’est effrayant, mais personne ne sourcille. C’est dans l’air du temps…

Tous les signes annonciateurs d’une fin prochaine sont là. Notre civilisation chrétienne est une vieille dame essoufflée et agonisante. C’est triste, mais c’est ainsi, et tous les efforts que feront certains pour résister n’y changeront rien. Ce seront les derniers sursauts de l’agonie. Tout ce qui existe est destiné à disparaître. Tout naît, grandit, arrive à maturité, puis se dégrade et pour finir, meurt. Il en va de même pour tout. Les fleurs meurent, les arbres, les plantes, les insectes, les oiseaux, les mammifères, les planètes, les étoiles, tout. Mais aussi tout ce qui vient de l’Homme : les envies, les désirs, les projets, les amitiés, les amours, et bien évidemment, les civilisations. Combien sont mortes ? L’Atlantide, l’Egypte pharaonique, les civilisations celtes, mayas, incas, étrusques, gauloises, romaines, et tant d’autres… Il n’y a là rien de très original. On peut remarquer les signes précurseurs d’une fin prochaine à certains symptômes qui ne trompent pas : la mollesse, la fausse bien-pensance, la non-combativité, le déni, la liberté des mœurs confinant au reniement de valeurs fondamentales.

On peut éprouver une certaine nostalgie en évoquant les grandes figures qui ont marqué notre civilisation. Combien de philosophes, de grands penseurs, de poètes, d’écrivains, de musiciens, d’artistes peintres, de sculpteurs ont répandu la lumière pendant des siècles ?

Dans peu de temps, tout cela ne sera plus que souvenirs, cendres, néant. Que restera-t-il de cette grandeur dans les siècles à venir, si tenté que l’homo sapiens peuple toujours la planète, ce dont on peut raisonnablement douter. Qui dominera le monde ? Les singes comme aurait pu dire Pierre Boule, les insectes, les oiseaux ?

Quoiqu’il en soit, les dés sont jetés, la fin est en marche, seuls les dieux sont immortels. Toutefois, il faut lutter car la grandeur de l’Homme réside dans la capacité qu’il a à mener des combats perdus d’avance. Cela peut sembler stupide, mais en fait, c’est une façon de décider de « mourir vivant ».

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