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Hommage
Arnaud Beltrame : l’anti-hommage de la mairie de Paris

ARTICLE. Depuis ce matin, la toile s’enflamme et condamne quasi unanimement l’intitulé de la plaque commémorative en l’honneur d’Arnaud Beltrame, prétendument « victime de son héroïsme ».

Arnaud Beltrame : l’anti-hommage de la mairie de Paris

Chacun connaît la formule : mal nommer les choses, c’est ajouter du malheur au monde. C’est aussi parfois y ajouter la confusion, l’ingratitude et la lâcheté. Inaugurée par Anne Hidalgo et le personnel de la mairie de Paris, le 26 février dernier, et quelques jours avant que le Covid et le confinement ne la fassent passer inaperçue, la plaque commémorative en mémoire d’Arnaud Beltrame trône discrètement dans un petit jardin du 3ème arrondissement de Paris.

L’intitulé nous informe que le colonel de Gendarmerie, assassiné lors de l’attentat terroriste du 23 mars 2018 à Trèbes (Aude) a été « victime de son héroïsme ». Vous avez bien lu. Le colonel Beltrame a donc été victime de lui-même, dans une sorte de fièvre suicidaire malencontreuse. La question est donc : comment peut-on écrire une absurdité pareille sur la plaque commémorative d’un héros français ? On sait pourtant, comme le relèvent certains commentateurs sur twitter, que les effectifs de communication de la mairie de Paris sont pléthoriques. Assaillie de messages scandalisés, la mairie de Paris a depuis reconnu une « formulation malheureuse ».

Cela étant, on peut tout à fait être nombreux et incompétents, surtout lorsqu’on porte l’esprit munichois en étendard et la veulerie politique en bandoulière. Ne pas faire de vagues, ne pas « stigmatiser », ne pas « discriminer », ne surtout pas nommer l’ennemi islamiste qui lui, comme chacun aura remarqué, fait un peu plus que nous pointer du doigt. Arnaud Beltrame a donc été victime de son héroïsme. Et les dessinateurs de Charlie Hebdo ; de leur propre mauvais goût ?

Comme des centaines d’internautes légitimement indignés le rappellent sur les réseaux sociaux depuis ce matin, le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame est mort en héros, assassiné par un terroriste islamiste, lors d’une prise d’otage au cœur des attentats de Carcassonne et Trèbes en mars 2018. Quant à la mairie de Paris, elle nous aura confirmé que le ridicule, lui, est toujours parfaitement inoffensif.

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