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Ni prières, ni suffrages : des consommateurs soldats ! Abonnés

OPINION. Et si les ravages du moins-disant commercial finissaient par contraindre quelque arrière-ban patriote à s’ériger en ultime égide sociale, entraînant tout un peuple dans la manœuvre concertée de ses échanges marchands ? Comment faire pour que la loi du consommateur ravisse le dernier mot à des mœurs économiques aussi impérialistes ?

Ni prières, ni suffrages : des consommateurs soldats !

L’auteur de ce roman publié en 2009 aux éditions Edilivre, puis offert gratuitement aux lecteurs de MonBestseller.com, en 2013, en avait pressenti le caractère prémonitoire, mais pas à aussi brève échéance, ni aussi concrètement. Sa présentation de l’ouvrage, datée de 2013, en témoigne :

« Cette histoire s’inspire d’évènements que le lecteur n’aura pas de peine à reconnaître et emprunte pas mal de choses à l’expérience et à la vie de l’auteur. De fait, elle sert de canevas à l’agencement de certains faits et évènements contemporains dont on peut aisément contrôler l’authenticité, et de prétexte à porter un regard personnel sur les grands enjeux sociétaux du moment. La thématique de l’ouvrage met en relief le fait désormais manifeste que la communauté humaine vit une époque charnière de son histoire, époque dont l’actualité tend à révéler qu’elle est de tous les dangers pour un modèle social dont les Français sont de moins en moins disposés à consentir le vrai prix de la défense. »

Les disciples de Michel Onfray et les militants de la cause Front Populaire sont particulièrement conviés à apprécier le synopsis ci-après, à l’aune de leurs motivations et de ce qu’exprime la profession de foi du philosophe :

« Et si les ravages du moins-disant commercial finissaient par contraindre quelque arrière-ban patriote à s’ériger en ultime égide sociale, entraînant tout un peuple dans la manœuvre concertée de ses échanges marchands ? Après tout, les sinistres prémices d’un déclin annoncé ne prescriraient-ils déjà pas une telle prise en main de la consommation nationale, gouvernée par la défense de l’emploi ? Certes, un contrôle aussi sophistiqué des flux commerciaux par les consommateurs eux-mêmes requerrait les compétences d’une race inédite d’activistes et une détermination peu commune à défricher cette voie ingrate du salut collectif. Mais comment amener tout un peuple à faire en sorte que la loi du consommateur ravisse définitivement le dernier mot à des mœurs économiques aussi impérialistes ? »

Ainsi, une mutation technologique et/ou sociale implacable tend-elle une nouvelle fois à montrer combien l’évolution le plus souvent imprévisible de la condition humaine peut dessiner, en guère de temps, les contours matériels d’une utopie auxquels le ou les créateurs eux-mêmes ne croyaient pas. Cette fois, c’est l’époustouflante révolution numérique, capable de tant de prodiges, qui pourrait au moins partiellement rendre plausible une telle matérialisation consistant ni plus ni moins qu’à adopter un changement de paradigme économique.

Or, sauf à se préparer des lendemains tragiques, la communauté française n’a désormais d’autre choix que répondre à une aussi ardente aspiration collective, sous une forme ou sous une autre, fût-ce dans l’édulcoration de l’idéal socioéconomique réputé faire consensus. Pour autant, cette communauté devra commencer par donner des gages de sa détermination à réparer comme il se doit une machine économique bien abimée, avant que l’auteur de « Ni prières, ni suffrages : des consommateurs soldats ! » ne se persuade que la métamorphose peut aller jusqu’à son terme ; car y parvenir n’est question que de volonté et de génie populaires hors du commun, hélas, rarement rencontrés simultanément dans l’histoire.

Qui sait, les précurseurs d’une révolution jugée salutaire par d’aucuns et à laquelle tant d’espoirs et d’attentes sont suspendus pourraient tirer de cet ouvrage certains des ingrédients de la recette production-consommationnationale gagnante ; en d’autres termes, y découvrir la martingale du règne sans partage de la citoyenneté économique. Si telle était leur curiosité, les impétrants ne devraient pas manquer de lire attentivement la tranche d’histoire contemporaine que cette fiction met en scène, avec un grand réalisme que nombre de compatriotes des générations d’après-guerre ne manqueront pas de reconnaître, y compris dans leurs vies personnelles.

On peut se procurer gratuitement cet ouvrage ici.

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