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Islamisme: l'écrivain algérien Boualem Sansal alerte contre un risque de "guerre totale" en France Abonnés

Régissant dans L'Express à l'attentat de Conflans-Saint-Honorine, l'auteur du "Serment des barbares" estime que notre pays ne doit plus se considérer comme la cible d'un "simple" terrorisme mais comme en proie à une authentique guerilla menée par les islamistes.

Islamisme: l'écrivain algérien Boualem Sansal alerte contre un risque de "guerre totale" en France

L'islam politique ? Boualem Sansal est hélas bien placé pour en parler. Résidant dans la région de Boumérdès (à une cinquantaine de kilomètres d'Alger) depuis des décennies, l'écrivain de 71 ans a été le témoin de la montée du Front islamique du salut (FIS) et du Groupe islamique armé (GIA) dans son pays. Il connaît toutes les horreurs dont ont été capables les djihadistes pour tenter de prendre le pouvoir. Au point qu'il a été, dans son roman "Le Village de l'Allemand" (2008), l'un des premiers à établir un parallèle entre nazisme et islamisme.

Aussi sa parole est-elle précieuse après un acte aussi ignoble que la décapitation de Samuel Paty vendredi dernier. Pour Sansal, réagir avec de belles déclarations de compassion, d'union nationale et d'appel à la fermeté ne suffit pas. "Tout cela montre que la France ne comprend toujours pas la réalité à laquelle elle est confrontée, déclare-t-il. Elle se croit frappée par des terroristes, des jeunes fichés S ou pas, alors qu'elle subit une guérilla qui peu à peu prend son élan pour un jour atteindre les dimensions d'une guerre totale."

Reste dès lors à définir quelle est la puissance ennemie qui nous livre cette guerre de harcèlement qui ne dit pas son nom. Pour Boualem Sansal, cette puissance s'appelle "islamisme". Car l"'islamisme est un Etat souverain, analyse-t-il. Un Etat qui n'a pas de territoire propre, pas de frontières, pas de capitale ». Et de conclure: "Il est plus que temps que la France regarde ces choses dans leur réalité nue, et se convainque qu'à la guerre on répond par des actes décisifs et non par des discours émus."

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