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Le monde de deux mains

OPINION. Le climat actuel étant quelque peu morose, je vous propose un petit brin d’évasion. Françaises et Français, demandons-nous : qu’est-ce que le monde de « deux mains » ? Comment pourrait-il être ?

Le monde de deux mains

Le climat actuel étant quelque peu morose, je vous propose un petit brin d’évasion. Tout d’abord citoyens, Françaises et Français, demandons-nous : qu’est-ce que le monde de « deux mains » ? Comment pourrait-il être ?

De notre place, celle de « monsieur/madame tout le monde », cela n’est sûrement pas celui rêvé, fantasmé par nos milliardaires et chefs d’entreprises du CAC 40, de Davos ou de Bruxelles, qu’ils nous vendent à longueur de temps. Au contraire, nous pourrions oser espérer un monde bâti main dans la main avec celle de son voisin, où l’équité et la justice vont de pair.

Citoyens du monde, étudiants, ouvriers, cadres, chômeurs, libéraux, artisans, auto-entrepreneurs ou réfugiés, comment imaginez-vous le monde de « deux mains » ?

Tout d’abord commençons par un peu de contexte. Depuis quelques mois, avec la crise sanitaire, nous avons pu entendre un peu partout nos politiques et nos « experts » s’exprimer sur le monde de demain. Un monde où l’humain et l’écologie retrouveraient leurs véritables places. Un excellent indicateur de ce que la population française souhaite se retrouve dans les résultats des élections municipales. Effectivement, nous avons pu voir le parti écologiste Europe Écologie Les Verts gagner du terrain. Ce large mouvement (à relativiser au regard de l’abstention nationale de 58,4% au second tour) en direction d’une idéologie plus écologique, plus humaine, aurait dû réorienter la politique Jupitérienne. Dans les paroles et discours, tout a soi-disant été considéré, mais qu’en est-il des faits ?

A écouter les experts et porte-paroles du gouvernement, il y aurait eu une réelle prise de conscience d’une urgence climatique. Ces parangons de vertu écologique, plutôt que de prôner ou de mettre en place des programmes qui permettraient de sauver ce qui peut encore l’être, ont préféré aborder le thème d’industrie écologique, de production verte et si les choses continuent à ce train là nous nous verrons bientôt servir des dividendes renouvelables ! Toujours le même discours, remplit de croissance, de PIB, mais cette fois-ci teint en vert.

Où en est la cause animale ?

Aujourd'hui l’État est omniprésent et semble vouloir gérer la moindre parcelle de vie des Français, dans ce cas verra-t-on bientôt une proposition de loi qui permettrait de mettre fin aux tortures que subissent les animaux d’élevages dans les abattoirs ? Dans les centres d’élevages intensifs verra-t-on bientôt du respect et de la dignité pour le monde animal ? Il faut évidemment nourrir la population qui ne cesse de s'accroître mais doit-on le faire dans des conditions aussi brutales et inhumaine ? L'homme civilisé ne peut-il pas se servir de sa superbe intelligence pour atténuer les souffrances animales ? Ou cela ne restera-t-il qu'un beau discours cherchant avant tout à préserver l'économie ?

Vont-ils rectifier les envies macronistes de céder l’exploitation des forêts françaises à des entreprises privées et à terme voire le démantèlement de l’ONF (Office national des forêts). J’en doute, pas tant que des élus formatés par et pour le système seront aux manettes.

Après ce bref, mais attristant état des lieux, je vous propose d’imaginer le monde de deux mains avec moi. Vous trouverez mes idées ci-dessous et serez libre d’y contribuer, partager et de développer si le cœur vous en dit.

Forger une nouvelle société :

En tout premier lieu, l’Homme doit comprendre où est sa place dans ce monde. J’entends par là que notre place dominante dans la chaîne alimentaire est une certitude. Cependant si nous modifions trop cette chaîne, comme par exemple éliminer 70% des espèces mammifères de la Terre ou détruire les insectes pollinisateurs, nous nous mettons à mal également. C’est pourquoi la « domination » n’en est pas une réellement. Nous vivons en synergie avec le monde qui nous entoure et si nous rompons l’équilibre nous perdons notre force et notre place. La nature, ayant horreur du vide, se regénèrera avec de nouvelles espèces, peut-être plus féroces, plus venimeuses, plus adaptées à ce nouveau monde post industriel qui se crée ou plutôt qui s’autodétruit.

En deuxième lieu, nous devons arrêter de saccager les paysages. J’entends par là qu’il faut bannir ces fermes colossales, ces hectares de champs sans le moindre buisson, arbre ou forêt à la ronde. C’est fatal pour les écosystèmes qui voient leur biodiversité s'appauvrir (sans parler des tonnes de pesticides qui sont déversés dans ces champs). C’est mauvais pour le climat qui perd en relief. Sans arbre, buisson et sans petite forêt, nous nous retrouvons avec des rafales et bourrasques de vent que forment ces grands couloirs jusqu’aux villages et cités. Les sols et micros écosystèmes ne sont plus protégés de la chaleur par les branches d’arbres et les bosquets. Moins d’ombre équivaut à plus de sécheresse en cas de grosses chaleurs. A l’échelle mondiale, bien que ce soit difficile à mesurer, il se peut et j’en ai l’intime conviction, que cela ait une répercussion climatique catastrophique. Si le CO2 a un impact sur l’évolution du climat, je pense qu’il serait temps de prendre en compte l’évolution des paysages et de l’industrialisation de nos territoires comme conséquences néfastes sur le dérèglement climatique que l’on nous serine chaque jour.

En dernier lieu, je pense que l’Homme devrait se déconditionner, se libérer de ces carcans qui lui ont été inculqués. L’Homme est intelligent, il sait forcément ce qui est bon pour lui, mais on nous a appris à nous taire pour rester dans la norme, ne pas faire de vagues, ne pas se faire remarquer. Visiblement le taux d’anxiolytique délivrés en France, le nombre de suicide et de burn-out en hausse constante depuis plusieurs années, confirme que quelque chose ne fonctionne pas et que l’être humain ne semble pas épanoui. Il serait temps de changer de méthode et de laisser libre à chacun de choisir ce qui le rend heureux. Cela passe par un déconditionnement du métro-boulot-dodo. Je ne dis pas qu’il ne faut pas travailler, je dis qu’il faut vivre et travailler autrement. Cela nous le savons tous car la réponse est en chacun de nous. La vérité est personnelle, le bonheur est personnel. Se libérer du culte de la productivité, de la croissance infinie qui se fait au détriment de l’environnement et du bien-être humain. Se libérer du progrès dogmatique. Je dis dogmatique car aujourd’hui le progrès est fait pour montrer sa puissance, sans aucunes prises de recul sur son efficience sur le court/moyen terme… Ne parlons même pas du long terme alors que nous vivons dans une société de l’instantanéité.

Retrouver cette patience qui nous fait tant défaut et qui pourtant est primordiale pour édifier une société raisonnée et équitable. Cela est possible car l’ancien monde s’effondre, nous n’avons plus rien à faire à part préparer le nouveau. Laissons les politiques s’accrocher à leur Titanic d’hier pendant que nous œuvrons, à l’instar d’Elpis, pour un monde meilleur, celui de demain que nous construirons à deux mains.

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