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Covid-19 : entreprise de «première nécessité», le laboratoire Gifrer supprime 125 postes en France

ARTICLE. La direction du groupe a annoncé la suppression de 125 emplois sur les 215 que compte l’usine située près de Lyon pour la sous-traiter et en rapatrier une partie en Belgique. L’entreprise est pourtant classée comme entreprise de produits de première nécessité par l’Agence régionale de santé (ARS).

Covid-19 : entreprise de «première nécessité», le laboratoire Gifrer supprime 125 postes en France

Le laboratoire Gifrer a annoncé par communiqué la fermeture de la branche production de son site historique de Décines-Charpieu. Ce sont 125 emplois qui seront supprimés sur les 215, ne conservant ainsi que les services qualité, marketing et réglementation. Les autres seront rapatriés dans les installations flamandes du groupe et une sous-traitance sera mise en place. Connue sous le nom Gifrer Barbezat, l'entreprise est passée aux mains du groupe belge Qualiver depuis 2000.

La société a justifié sa décision en expliquant faire face à des difficultés financières qui l’empêchent de maintenir l’exploitation de l’usine ou de la moderniser.  «Si les efforts des équipes de Gifrer ont permis une hausse moyenne du chiffre d'affaires de 3,8% par an ces cinq dernières années, l'entreprise a cumulé un résultat d'exploitation négatif de plus de 10 millions d'euros durant la même période, dont 6,5 millions d'euros pour le seul exercice 2019. Avec de tels résultats, il n'est pas économiquement viable d'envisager de moderniser le site de Décines», a expliqué le groupe.

Une réponse qui révolte les représentants syndicaux qui pointent la responsabilité de la direction qui n’aurait pas anticipé en modernisant les outils de production, laissant mourir l’usine. Ils rappellent également le double discours des dirigeants qui avaient annoncé en juillet 2020 un plan de développement du site. Surtout que Gifrer frôlait les 50 millions d'euros de chiffre d'affaires, soit une hausse moyenne de 3,8 % par an ces cinq dernières années.

En juin dernier, Emmanuel Macron appelait de ses vœux à relocaliser et sanctuariser la fabrication de produits de santé en France : « On ne gagne aucune bataille sociale et sanitaire si on ne gagne pas la bataille de la production et de l’industrie », déclarait-il. Comment expliquer aujourd’hui son silence sur ce dossier pourtant emblématique de la question de la sécurité sanitaire ? En effet, l’entreprise s’était mobilisée au plus fort de la crise liée au Covid-19 au printemps en assurant la fabrication massive de gels hydroalcooliques pour les particuliers et les établissements hospitaliers, ce qui avait décidé l’Agence régionale de santé (ARS) à la classer comme "entreprise de produits de première nécessité".

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