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Finissons-en avec cette Guerre des deux Drapeaux !

OPINION. Ne laissons pas le drapeau européen tuer le drapeau français, ni l’Europe asservir la France. Au mouvement souverainiste de relever le défi et de brandir à nouveau le drapeau tricolore, celui de la souveraineté nationale, c’est-à-dire de la liberté et de la démocratie.

Finissons-en avec cette Guerre des deux Drapeaux !
Publié le 25 novembre 2020

Bien que l’art. 2 de notre constitution précise que « l’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge », nous le sentons bien : nous avons un problème de drapeaux. Vous allez à la mairie : flottent deux drapeaux, celui de la France et celui de l’Europe. Vous allez à la Gendarmerie : il n’y a plus de drapeau européen, mais seulement celui de la France. Les gendarmes seraient-ils opposés à l’Europe ? Vous passez devant l’Assemblée nationale : il y a quatre drapeaux français et un seul européen. Serait-elle plus française qu’européenne ? Ce serait un scoop. La France insoumise souhaiterait que le drapeau européen y fût remplacé par celui de l’ONU ; le Rassemblement national, de son côté, voudrait n’y voir que le drapeau français. Mesure-t-on l’incongruité et surtout la gravité de cette situation dans laquelle nos députés ne savent même plus à quel drapeau se vouer ?

Vous regardez votre télévision le 6 novembre 2019 : Emmanuel Macron est à Pékin où est signé un accord avec la Chine, il est en présence du président Xi Jinping, devant une nuée de drapeaux chinois et européens, pas un seul drapeau français. Normal, nous explique-t-on, cet Emmanuel Macron n’est pas le président de la République française, mais un simple représentant de l’Union européenne ; ce doit être bien difficile d’être bifrons et obligé de « mettre son drapeau dans sa poche ».

Il est surprenant de constater que, réglementairement, seul le drapeau français est obligatoire sur les bâtiments publics, et cela, les seuls jours de célébration des fêtes nationales, à l’exception du 9 mai, Journée de l’Europe, où le drapeau européen devient obligatoire. En d’autres termes, sauf erreur, les drapeaux européens qui flottent en France ne sont en rien obligatoires1 : ils ne sont là que parce que les autorités politiques actuellement au pouvoir en France y voient un moyen de propagande en faveur de l’Europe maastrichtienne.

Or, paradoxalement, ces mêmes autorités politiques ne cessent de se présenter comme les défenseurs vigilants de la République. C’est oublier que le drapeau tricolore est le symbole même de cette République, issue de la Révolution dont ils défendent les principes. Ce sont ceux qui se réjouissent que la Nation ait remplacé le Roi, qui aujourd’hui tournent le dos au drapeau national. Redevenu blanc sous la Restauration, c’est par la Révolution de 1830, que le drapeau bleu blanc rouge survécut. C’est grâce à la IIIe République qu’il se répandit partout, écoles, bâtiments publics, monuments aux morts, etc. Comment peut-on se référer à la philosophie dite des Lumières, se prétendre républicain et oser arborer subrepticement le drapeau européen au fronton des bâtiments publics, c’est-à-dire de la République ? Un drapeau européen contre quatre français devant l’Assemblée nationale, symbole de la souveraineté nationale, puis, demain, deux contre trois, puis, après-demain, etc., oui, cela s’appelle « subrepticement ». Le drapeau européen à côté du drapeau français, c’est le symbole même d’un double langage honteux et dévoyé. Maastrichtiens, puisque vous êtes au pouvoir, pourquoi ne pas franchement amener les trois couleurs et hisser les douze étoiles ? Ce serait moins indigne.

Parisiens, si vous aimez les symboles, allez au 288 boulevard Saint Germain, vous y trouverez la représentation parisienne de la Commission européenne. L’immeuble fait face àl’Assemblée nationale : un hasard ? Il est pavoisé, du 1er janvier au 31 décembre, de douze drapeaux européens, arborés là comme pour narguer ou faire oublier les quatre pauvres drapeaux tricolores qui, juste de l’autre côté du boulevard, flottent encore sur notre Assemblée nationale.

Car le drapeau européen, il faut le redire sans cesse, c’est le contraire du drapeau tricolore. C’est évidemment le contraire de la Nation, tout le monde l’a bien compris. C’est la Nation dissoute dans l’Union européenne. Et l’Union européenne, c’est l’« intégration », comme l’exprime ouvertement le titre du Traité d’Aix-la-Chapelle entré en vigueur cette année : « Traité de coopération et d’intégration ». Le drapeau européen sur les bâtiments publics de la Nation, c’est la fin même de la Nation, sinon pourquoi remplacer le drapeau tricolore qui en était le symbole ? Accessoirement, c’est aussi la fin de la liberté, puisque c’était au nom de cette liberté qu’avait été proclamée la souveraineté nationale. Et c’est en plus, la fin de la démocratie puisque celle-ci était fondée sur la liberté nouvellement acquise. Faire flotter le drapeau européen à côté du drapeau tricolore, c’est faire flotter l’impérialisme maastrichtien à côté de la souveraineté française, c’est-à-dire tout et son contraire.

Pire, le drapeau européen lui-même est ambiguïté. Bruxelles a refusé de reconnaître les racines chrétiennes de l’Europe, mais fait flotter un drapeau qui en découle directement. Comme l’a expliqué son auteur, Arsène Heitz, employé du Conseil de l’Europe, artiste peintre et fervent catholique, sa source d’inspiration pour imaginer le drapeau européen, fut la médaille miraculeuse de la Vierge : les douze étoiles européennes ne sont donc rien d’autre que celles de la couronne de Marie, mentionnées au chapitre 12 de l’Apocalypse de Saint Jean ; le fond bleu est la couleur de Marie ; le projet fut adopté le 8 décembre 1955, jour de l’Immaculée Conception. N’en déplaise au Conseil de l’Europe et à l’Union européenne qui, depuis, s’ingénient à embrouiller l’affaire. Tout est ambigu dans ce drapeau européen, à la fois symbole d’une Union européenne née de la démocratie chrétienne et négation des racines chrétiennes de l’Europe. Tout et son contraire.

Mais laissons de côté les symboles. Les dégâts politiques, à eux seuls, sont suffisamment évidents et graves pour qu’on en termine avec cette dualité de drapeaux. Comment se présenter sur la scène internationale avec nos deux drapeaux. Qui sommes-nous ? Que représentons-nous ? D’ailleurs, pourquoi deux et pas trois, celui de l’ONU, par exemple, comme le demandait Mélenchon à l’Assemblée nationale ? Quelle autorité pour un « président » Macron qui, à Pékin, devant les drapeaux européens, est contraint d’avouer qu’il ne faut surtout pas croire qu’il est président de la République française, mais seulement, accompagnateur d’un obscur Phil Hogan, commissaire européen de l’Agriculture, qui a seul autorité pour signer ? Attention : à la longue, le ridicule tue. Et le mort sera la France.

Trois drapeaux ? Mais nous y allons directement. A la suite du traité d’Aix-la-Chapelle de 2019-2020, dans cinq grandes villes étrangères (Cordoba, Atlanta, Glasgow, Minsk, Ramallah), ont été créés, à la place des instituts français, des « instituts culturels intégrés franco- allemands » (!). Il est évident qu’on va y faire flotter les drapeaux français et allemand de chaque côté du drapeau européen. Quelle langue viendra-t-on y apprendre ? Le français, l’allemand, le franco-allemand intégré ? Quelle culture viendra-t-on y découvrir ? Celle de Descartes, celle de Goethe, celle de Cohn-Bendit ? Nous achevons de ruiner le peu de prestige qui nous restait à l’étranger.

Dirigeants de tous bords, avez-vous remarqué que depuis un demi-siècle, les Français n’arborent plus jamais le drapeau tricolore à leurs fenêtres, ni pour le 14 juillet, ni pour le 8 mai, ni pour le 11 novembre. Ils ne le brandissent plus que pour les compétitions de foutebôle. N’êtes-vous pas étonnés ? Ne vous êtes-vous jamais posé de questions ? Ne trouvez-vous pas que ce soit grave ? D’autant que dans le même temps, on ne les voit guère brandir le drapeau européen le 9 mai (C’est la Journée de l’Europe). Ne serait-ce pas que trop de drapeaux tue les drapeaux ? A vouloir priver les Français d’un drapeau qui était synonyme de liberté, de démocratie, d’épopée nationale, à vouloir leur en imposer un autre qui ne véhicule aucune histoire, aucun souvenir, aucun symbole, vous avez tué leur âme, vous les avez écœurés de tout drapeau. Comment ose-t-on préférer un drapeau créé de toutes pièces par un petit fonctionnaire du Conseil de l’Europe à un drapeau né de mille ans d’histoire pour ce qui est du blanc de la royauté, d’un demi-millénaire pour ce qui est du bleu et rouge de la ville de Paris et de deux siècles et demi de défense de la Liberté pour ce qui est du bleu blanc rouge ! Nous avons un drapeau qui fait l’unanimité de la Nation et voilà qu’on nous en impose un autre, totalement artificiel, qui nous divise au lieu de nous unir.

Le drapeau français, lorsqu’il est solitaire, ne flotte plus que sur les gendarmeries et les cimetières militaires. On ne l’accroche plus dans les guinguettes pour égayer les bals populaires ; il recouvre seulement, aux Invalides, les cercueils des militaires périodiquement tués au Sahel. On n’ose plus l’accrocher à la boutonnière des messieurs pour fêter la victoire du 8 mai 1945, parce qu’on a compris que cette victoire nous a été confisquée. Il ne sert plus qu’à être mis en berne lorsque les attentats terroristes sont trop horribles.

Une lueur d’espoir ? Innombrables étaient les drapeaux français lors des Manif pour tous ; pas un seul carrefour sans son drapeau français lors des manifestations de Gilets jaunes, les vrais, les premiers. Manif pour tous et Gilets jaunes première manière sont deux catégories en partie distinctes de Français, mais toutes deux sont la Nation française. Alors, espoir. Ne laissons pas le drapeau européen tuer le drapeau français, ni l’Europe asservir la France. Au mouvement souverainiste de relever le défi et de brandir à nouveau le drapeau tricolore, celui de la souveraineté nationale, c’est-à-dire de la liberté et de la démocratie.

1 - Sauf sur les écoles secondaires publiques et privées, où les drapeaux français et européens sont obligatoires.

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