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Ce qu’il faut savoir de la course au vaccin contre le Covid-19

ARTICLE. Le groupe américain Pfizer et son partenaire BioNTech affirment détenir des résultats positifs pour un essai clinique d’un vaccin contre le Covid-19. Actuellement, l’OMS reconnaît 42 « candidats vaccins » testés sur l’Homme à travers le monde.

Ce qu’il faut savoir de la course au vaccin contre le Covid-19

L’annonce lundi d’un vaccin des laboratoires Pfizer et Biontech « efficace à 90 % » contre le Covid-19 a réactivé les espoirs de certains et les interrogations d’autres autour d’un potentiel futur vaccin.

Le taux de 90 % d’efficacité pour le vaccin Pfizer est extrêmement élevé, semblable à ceux de la rougeole ou de la rubéole qui frôlent les 95 %, bien loin devant celui de la grippe (entre 30 % et 70 % selon les années et l’âge des personnes vaccinées). De quoi laisser sceptiques bon nombre d’observateurs. Surtout qu’on ignore si ce vaccin va être efficace contre la maladie et ses symptômes ou bien contre l’infection elle-même.

Outre ce vaccin, on ne recense pour l’instant que des résultats encourageants mais préliminaires (phases 1 et/ou 2) qui ont été publiés dont celui du vaccin chinois de Sinopharm dans la revue The Lancet Infectious Diseases, celui du projet européen mené par l’université d’Oxford (associé au groupe AstraZeneca) ou encore le vaccin Spoutnik V, développé par la Russie.

Dans son dernier compte-rendu daté du 2 octobre, l’Organisation mondiale de la santé reconnaissait 42 « candidats vaccins » évalués dans des essais cliniques sur l’Homme à travers le monde. Des essais qui ne sont pas sans danger : encore hier, l’autorité sanitaire du Brésil annonçait avoir suspendu les essais cliniques d'un candidat vaccin chinois contre le coronavirus après «un incident grave» constaté chez un volontaire. Elle n'a pas fourni de détails sur ce qui s'est passé, mais a indiqué que ce type d'incidents pouvait inclure la mort, des effets secondaires potentiellement fatals, une invalidité grave ou une hospitalisation.

« Un vaccin contre le Covid-19 doit être vu comme un bien public mondial, un vaccin pour les peuples », a plaidé le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Nombre de dirigeants mondiaux ont lancé un appel en ce sens, dont les deux principales voix étaient le président chinois, Xi Jinping, et le chef de l’État français, Emmanuel Macron. En France, lors de la dernière allocution fin octobre, le président de la République a indiqué qu’un traitement serait disponible « à l’été », selon « les scientifiques ».

Dans cette course internationale au vaccin contre la Covid-19, la France fonde beaucoup d’espoir sur le projet développé par l’Institut Pasteur, pour lequel 90 volontaires participent actuellement aux essais cliniques. Si tout se passe bien, le vaccin de l’Institut Pasteur passera au début de l’année prochaine à la dernière étape avant l’autorisation. Mais si notre pays pourra se prévaloir de la paternité du vaccin de l’Institut Pasteur, elle ne le produira pas. Tout comme les Britanniques qui ont signé un partenariat avec les Indiens du Serum Institute of India, la France a choisi de délocaliser la production du tant attendu traitement aux Etats-Unis.

Un traitement pourrait ainsi être autorisé dès le premier trimestre 2021, après à peine douze à dix-huit mois d’essais. Bien loin des 12 ans – en moyenne- pour arriver à la commercialisation d’un vaccin « traditionnel », ce qui représente le temps moyen nécessaire pour analyser convenablement le ratio bénéfices/risques…

L’annonce du groupe pharmaceutique américain Pfizer et son partenaire allemand BioNTech a fait bondir les Bourses mondiales. En quelques heures, la Bourse de Paris a pris 5,46 %, Francfort 5,56 %, Londres 5,05 % et Milan 5,48 %. Dans leur ensemble, les places européennes ont connu leur meilleure performance sur une séance depuis six mois. Un traitement efficace contre le Covid-19 est très attendu par les marchés, car sa diffusion permettrait de limiter les conséquences économiques liées aux restrictions pour freiner la propagation du virus.

Néanmoins, il ne faudrait pas sous-estimer la défiance des peuples envers le ou les futurs vaccins contre le Covid-19. Au-delà des mouvements anti-masques et anti-vaccins, le bénéfice de se faire vacciner contre un virus avec un taux de mortalité très faible peut interroger. Une enquête globale menée dans 15 pays publiée la semaine dernière par le Forum économique mondial démontre la proportion de personnes prêtes à se faire vacciner est en diminution par rapport au mois d’août. Seulement 73 % sont d’accord avec l’affirmation « si un vaccin contre le Covid-19 était disponible, je me ferais vacciner », alors qu’elles étaient 77 % en août. Une autre étude publiée en octobre dans la revue médicale Nature Medicine avance elle que le taux d’acceptation du vaccin anti Covid-19 en France est même inférieur à 60% (58,8 %).

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