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Lutte contre le terrorisme : l’Autriche sort l’artillerie lourde !

ARTICLE. Frappée par un attentat Islamiste, le 2 novembre, l’Autriche a décidé de réagir et propose de nouvelles mesures radicales contre le terrorisme, dont la prison préventive.

Lutte contre le terrorisme : l’Autriche sort l’artillerie lourde !

Mercredi, le Conseil des ministres autrichien a approuvé un document qui propose 38 points destinés à renforcer la lutte contre le terrorisme. A l’issue de la réunion, le chancelier Kurz a déclaré : “L'idéologie islamiste doit être combattue par tous les moyens” poursuivant :”Les personnes ayant déjà été condamnées pour terrorisme devraient être traitées comme des personnes atteintes de maladies mentales et être hébergées en permanence dans des locaux fermés, à moins qu’elles ne se soient véritablement éloignées du radicalisme”.

L’attentat du 2 novembre 2020, à Vienne qui s’est conclu par l’assassinat de quatre personnes par Kujtim Fejzulai, a profondément ébranlé un pays qui était encore vierge de tout attentat islamiste en son sein. Au-delà de l’acte, le profil du tueur et son historique ont alerté le gouvernement : l’auteur était un jeune de vingt ans, radicalisé en Autriche et détenteur d’une double nationalité austro-macédonienne. Il avait par ailleurs tenté de rejoindre l’État islamique mais avait été arrêté, extradé de Turquie et condamné à 22 mois de prison, en avril 2019. Grâce à son bon comportement et sa participation à un programme de déradicalisation avait obtenu une remise de peine, en vertu de la loi sur les mineurs, 8 mois plus tard en décembre.

Comme Kujtim Fejzulai, ils seraient autour de 150 autrichiens à avoir séjourné (ou tenté de le faire) en Irak, en Syrie pour combattre au sein de l'armée de l’État islamique, selon Sebastian Kurz. 150 Autrichiens désormais de retour sur le territoire national. “Tant que ces personnes ne seront pas déradicalisées et même si elles ont purgé leur peine, nous créerons la possibilité d’enfermer ces personnes pour protéger la population”, a expliqué le chancelier conservateur autrichien, avant d’ajouter :”Pour celles qui viennent d’être libérées, il y aura une surveillance électronique. Il s’agit à mon avis d’une étape nécessaire pour minimiser la menace qui pèse sur notre population”.

C’est un arsenal d’armes lourdes que propose le gouvernement autrichien face à la menace terroriste : outre les mesures phares du bracelet électronique pour les prisonniers sortis de prisons, et de la détention préventive (éventuellement à vie !), le texte évoque également la déchéance de la nationalité autrichienne, pour les détenteurs d’un double passeport condamnés pour terrorisme, retrait du permis de conduire, interdiction de l’islam politique, constitution d’un annuaire des imams, encadrement de la vente d’armes à feu et facilitation des procédures de fermeture de lieux de cultes ainsi que des associations extrémistes.

Des mesures qui devraient être soumises dans les semaines à venir au parlement. Alors que les organisations humanitaires s'inquiètent des propositions de lois anti-terroristes qui fleurissent au gré des attentats et de l’actualité, comme en Suisse ou au Philippine ces derniers mois, l’Autriche garantit que le texte sera conforme à la Constitution nationale et à la Convention européenne des droits de l'homme. En France, alors que les magistrats alertent sur la libération de prisonniers radicalisés sur les quatre prochaines années à venir, le Conseil constitutionnel a censuré la nouvelle loi antiterroriste proposée en 2020, qui prevoyait un suivi judiciaire une fois le détenu parti de la prison, avec des mesures de sûreté (pointage, résidence, interdiction de se rendre dans certains lieux, bracelet electroniques) revisable tous les ans, jusqu'à dix ans.

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