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Michel Onfray en reportage dans le Haut-Karabakh

Accompagné de Stéphane Simon et du réalisateur Alexandre Jonette, Michel Onfray vient d'arriver dans le Haut-Karabakh pour y filmer les événements tragiques qui s'y déroulent. 

Michel Onfray en reportage dans le Haut-Karabakh

Notre présent se joue aussi à 5.000 km de la France. Il y a un mois et demi, le Haut-Karabakh, qui a acquis son indépendance lors d'un référendum en 1991, a été agressé par la dictature azerbaïdjanaise voisine, alliée à la Turquie. Des forces hétéroclites,  composées notamment de mercenaires djihadistes débauchés par le régime d'Erdogan, ont pénétré sur le territoire et ont tué de nombreux civils appartenant à la majorité chrétienne arménienne.

Face à cette invasion, la population a résisté avec des moyens de fortune. Des combats inégaux ont fait rage pendant des semaines avant de tourner à l'avantage des assaillants, dotés d'un matériel militaire beaucoup plus performant (dont des drônes vendus par Israël: lire notre article du 3 novembre) et motivés par une prime de "100$ pour toute tête d’Arménien tranchée" ainsi que la promesse de recevoir la nationalité turque pour les mercenaires.

Début novembre, l’intervention de Vladimir Poutine a sonné la fin des hostilités et un cessez-le-feu a été imposé aux belligérants. Résultat, le Haut-Karabakh se trouve à présent dans l’obligation de céder les 3/4 de ses terres millénaires à l’Azerbaïdjan, qui ne cache pas son intention d'en "chasser les chiens d'Arméniens" (pour reprendre l'expression de son président dictateur Aliyev). Depuis, l’exode est massif, les Chrétiens emportant avec eux jusqu’aux pierres tombales de leur famille et brûlant leurs maisons plutôt que de les voir confisquées par des Azéris.

Alors que le premier ministre arménien Pachinian se désole d’avoir signé un "texte incroyablement douloureux", Erdogan se réjouit quant à lui triomphalement de "voir le Haut-Karabakh redevenir un pays de l’Islam et reprendre sa place sereine à l’ombre du Croissant". Quelle lâcheté a pu saisir la France et surtout l’Union européenne, qui refusent de voir que ce qui se produit là-bas est un épisode de plus dans la restauration de l'Empire ottoman par le sultan d'Ankara?

Michel Onfray et son équipe ont atterri hier à Erevan avant de gagner Stepanakert, capitale du Haut-Karabakh, par la route ce dimanche. Leur objectif: témoigner de l'expansionnisme islamiste à l'oeuvre dans la région. Un expansionnisme qui n’est pas sans rapport avec ce qui se passe en France. Peut-on dès lors parler d'une guerre de civilisations? C’est à cette question majeure qu’il s’agira de répondre.

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