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Énergie : l’aveu de faiblesse de Barbara Pompili

ARTICLE. Des coupures d’électricité à l’hiver 2021 ? Envisageable, selon la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili. La France macroniste bousculée par une potentielle vague de froid… Vivement un retour à l’Etat-stratège.

Énergie : l’aveu de faiblesse de Barbara Pompili
Publié le 19 novembre 2020

« Normalement, si on est dans les moyennes de saison, ça devrait aller… », Barbara Pompili est revenue ce matin sur les annonces faites mi-octobre par le gestionnaire RTE (Réseau de Transport d’Électricité) préconisant un surcroît de vigilance énergétique pour janvier et février 2021. Belle démonstration par l’absurde de ce à quoi pourrait et devrait servir un Etat-stratège, si seulement nous en retrouvions un : ne pas se retrouver à la merci des vagues de froid, en France, au troisième millénaire.

Les animateurs de la matinale de BFMTV ont été un peu estomaqués lorsque Barbara Pompili leur a annoncé calmement la possibilité de pannes : « A l’extrême, on peut envisager des coupures très courtes », a-t-elle déclarée avant d’ajouter : « Il ne faut pas affoler les Français, il n’y aura pas de black-out a priori, si on reste dans le cadre d’un hiver normal. »

Quel est le problème ? A cause de la crise sanitaire, la maintenance des centrales nucléaires a été retardée, entraînant un risque de difficulté d’approvisionnement. « D'habitude en été ou au printemps on arrête les centrales nucléaires pour l'entretien, pour remettre du combustible, toutes ces choses-là qu'on n'a pas pu faire correctement pendant le confinement », a expliqué la ministre.

Prévoyant de potentielles vagues de froid dans le courant de l’hiver, la ministre de la Transition écologique a envisagé la possibilité de procéder à une régulation, d’abord dans le secteur industriel, « c’est-à-dire travailler avec les industries pour qu’elles puissent arrêter leur production à certains moments (...) Ça c’est des contrats qu’on a avec des entreprises, avec des gros producteurs. »

Selon la ministre, cette situation serait également due à un problème plus général de manque d’économies d’énergies sur les décennies précédentes. Des situations de gaspillage, notamment dans les logements électriques qu’elle considère comme des « passoires ». Dans ce cadre, le nucléaire ne saurait être une solution pour la ministre : « Nous avons un système électrique qui est trop dépendant d’une seule énergie. On est trop dépendant du nucléaire et c’est pour ça qu’il faut qu’on diversifie le mix. Comme ça, quand on a un problème sur une source d’énergie, on peut se tourner vers une autre. »

C’est oublier que l’énergie nucléaire est à ce jour la meilleure solution en termes de marges additionnelles en cas de vague de froid et qu’une économie « décarbonée » ne saurait se passer du nucléaire, à moins d’accepter une baisse substantielle de la production. Expliquer que les risques de coupures d’électricité sont liés à une trop grande dépendance au nucléaire est en ce sens largement fallacieux. Pourtant, interpellée par la suite sur les réseaux sociaux, Barbara Pompili a rejeté l’idée selon laquelle la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim aurait un lien avec un déséquilibre offre-demande.

En attendant, force est de constater qu’avec ces apôtres très particuliers de la transition écologique, nous ne sommes potentiellement pas capables de gérer une vague de froid. La République en marche…arrière ?

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