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Brexit : la pêche sous haute tension

Les pêcheurs français scrutent les négociations du Brexit avec anxiété. Si l’espoir d’un accord demeure avant le 31 décembre, Boris Johnson et Ursula von der Leyen ont admis que « des différences significatives demeurent ».

Brexit : la pêche sous haute tension

Depuis que le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne le 31 janvier, les négociations entre Londres et Bruxelles pour conclure un accord de libre-échange n’ont toujours pas résolu les grands différends : jusqu’ici, les négociateurs ont manqué plusieurs dates butoir sans parvenir à trouver un accord sur les droits de pêche. Selon les dernières informations du média britannique The Guardian, les deux parties seraient proches d’un accord sur les termes du niveau d’accès des bateaux de l’Union européenne aux mers situées dans la zone économique du Royaume-Uni, avec une période de transition pour l’introduction progressive des changements, comprise entre cinq et sept ans.

Mais l’inquiétude reste vive pour les pêcheurs Français, qui demeurent dans l’incertitude et dont l’activité est suspendue à cet accord. Le secteur des pêches maritimes français représente 13 536 emplois et un chiffre d’affaires de 1,9 milliard d’euros. Certaines régions – les Hauts-de-France, la Bretagne et la Normandie – sont particulièrement tributaires de l’accès aux eaux britanniques : 30 % des captures des pêcheurs français dépendent de ces dernières, et même 50 % pour la Bretagne (première région de pêche française) et 75 % pour les Hauts-de-France, selon les chiffres du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM). Surtout, certains ports se fournissent quasiment exclusivement dans ces eaux.  En Bretagne, sur les 300 millions d’euros de chiffre d’affaires de ses adhérents, la moitié est réalisée par une centaine de navires dépendant directement entre 20 et 100 % des eaux britanniques (90 % des débarquements dans un port comme Lorient).

Le mois dernier, Emmanuel Macron avait assuré que « préserver l’accès de nos pêcheurs aux eaux britanniques et permettre un bon compromis sont des points importants » et que les pêcheurs « ne sauraient être les sacrifiés du Brexit ». Le secrétaire d'Etat français aux affaires européennes Clément Beaune avait quant à lui déclaré que « l’accès à 100 % aux quotas de pêche dans la zone maritime du Royaume-Uni, on sait que c’est fini. Mais il faut un accès large et durable Les Britanniques ne peuvent pas d’un côté vouloir l’accès à la totalité de notre marché unique européen, et de l’autre, exclure la pêche de cet ensemble. »

En cas de « no deal », les pêcheurs devraient pouvoir compter sur des aides spécifiques : « Je souhaite qu’il y ait un plan d’accompagnement spécifique », a déclaré le premier ministre français, Jean Castex à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) le 3 décembre. Face à l’inquiétude des représentants du secteur (marins-pêcheurs, industriels, transporteurs…), il leur a assuré que « l’Etat prendrait ses responsabilités ».

Si les conséquences pour les pêcheurs français sont dramatiques, la position des Britanniques est compréhensible : la concurrence des pays possédant des quotas de pêche (France, Belgique, Irlande, Pays-Bas Espagne etc) dans les eaux britanniques a divisé par deux le nombre de pêcheurs au Royaume Uni depuis qu'il fait partie de l’Europe, ce qui explique largement pourquoi les pêcheurs outre-Manche sont presque tous pour le Brexit. Les britanniques ont voulu récupérer leur souveraineté sur leurs eaux. Bien qu'ils ne pèsent que 0,1% de l'économie britannique, les droits de pêches font figure de symbole. Et en tant que nation indépendante, le Royaume-Uni défend légitimement l’idée qu’il doit avoir le contrôle entier des eaux qui l’entourent.

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